La Pologne veut un mur à la frontière biélorusse pour empêcher les migrants de rentrer dans l’UE

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Bloquer les migrants avant qu’ils ne posent pied sur le sol européen. Voilà l’objectif du projet de loi qui doit être voté en Pologne pour construire un mur à la frontière avec la Biélorussie. Un projet controversé dans le pays, mais porté par le gouvernement conservateur au pouvoir et par plusieurs pays voisins.

Visiblement, la clôture de barbelés et les quelques milliers de soldats en patrouille dans les bois et aux abords des marécages frontaliers ne suffisent plus. Impossible de savoir combien de migrants, la plupart originaires d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie, tentent de passer par la frontière avec la Biélorussie, mais selon les autorités polonaises, 16 000 tentatives ont été déjouées depuis le mois d’août dernier. 

Plus de 350 millions d’euros

Et les chiffres seraient en hausse. De quoi justifier un budget de 353 millions d’euros pour construire un haut mur, en dur, équipé de détecteurs de mouvements. Le gouvernement populiste et nationaliste polonais a adopté ce projet mardi et il devrait être voté par les députés au plus tard ce jeudi 14 octobre. Le texte stipule que personne ne pourra approcher le mur à moins de 200 mètres.

Si l’opposition polonaise et les ONG s’accordent à dire que le régime biélorusse de Loukachenko organise délibérément cet afflux pour se venger des sanctions européennes à son encontre, ils condamnent la politique répressive de la Pologne et le manque total de transparence sur ce qui se passe actuellement à la frontière, la zone étant interdite aux journalistes depuis un mois. 

La crainte d’une catastrophe humanitaire

Selon les témoignages des habitants du coin, les migrants refoulés dans les bois souffrent de la faim, de la soif et du froid. Quatre personnes ont déjà été retrouvés mortes. De quoi faire redouter une catastrophe humanitaire. 

Aujourd’hui, la Pologne, mais aussi onze autres États européens, dont la Hongrie, l’Autriche, les pays Baltes ou la Grèce, demandent surtout à l’Union européenne de financer des barrières aux frontières.