Santé publique : dépistage du VIH en milieux religieux

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Une campagne de sensibilisation et de dépistage du VIH/sida a été lancée, le 4 septembre, à Brazzaville par le ministère de la Santé et de la Population en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance au profit de dix mille jeunes et adolescents des milieux religieux.

L’objectif est de leur expliquer comment se préserver des contaminations aux infections sexuellement transmissibles et de leur permettre de se prémunir contre les violences sexuelles et les grossesses précoces.

L’initiative qui concerne la tranche d’âge de 15 à 24 ans a suscité l’engouement des communautés religieuses à dominer l’épidémie, les impératifs de VIH/sida et à lutter contre la stigmatisation. Au Congo, la prévalence généralisée du VIH-sida est de 3,2%, les jeunes de moins de 18 ans représentant 45% de la population congolaise sont plus victimes, en 2019 la prévalence au VIH-sida était de 0,59 % chez les garçons et de 2,16% chez les filles.

« Les filles sont quatre fois plus infectées que les jeunes garçons de 15 à 24 ans. Dans le monde, on compte une contamination de 840 jeunes par jour. Les dépistés positifs seront prises en charge. Nous allons continuer toujours d’appuyer les confessions religieuses dans la sensibilisation au VIH-sida, deux cents sessions sont prévues », a indiqué le docteur Roth Cécile Laure Mapapa Miakassissa, directrice du Programme national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (PNLS).

Des pairs éducateurs et délégués issus des confessions religieuses ont été formés, au préalable, pour la réalisation des opérations de sensibilisation et de dépistage sur le terrain. Ils vont communiquer par des messages personnalisés ainsi que par des programmes simples, moralement attrayants et scientifiquement pertinents. Les membres de sept autres associations ont également été associés pour compléter les effectifs des équipes à sensibiliser et à dépister.  

« Nous sommes déconcertés et scandalisés devant les nouvelles infections et les décès liés au VIH/sida qui peuvent, en principe, être évités et contrôlés. Le fléau du sida continue de détruire la santé physique, les progrès culturels, sociaux, économiques, politiques et la santé spirituelle, ainsi que les espoirs et les aspirations des individus, des familles, des communautés et des nations. C’est un fait établi qui n’a pas besoin d’être débattu », a expliqué un fidèle qui requiert l’anonymat.

Outre le dépistage contre le VIH-sida dans ces milieux religieux, ces pairs éducateurs et délégués des confessions religieuses vont s’attaquer à la pandémie en intégrant une éthique multisectorielle et multidimensionnelle qui réduit simultanément la stigmatisation, la honte, le déni, la discrimination, l’inaction, l’inertie afin d’inverser et finalement baisser les nouvelles infections liées au sida.

« C’est humiliant pour les communautés religieuses qui croient en une vie meilleure à l’abri de ces calamités …», a ajouté un autre fidèle.

Le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Ferrol Gervais Ombalé Itoua, s’est félicité du partenariat consolidé entre le Congo et ses partenaires de lutte contre le VIH-sida, les violences sexuelles faites aux femmes et la lutte contre les grossesses précoces. Et, il s’est réjoui également des formations offertes aux pairs éducateurs, délégués des confessions religieuses et aux associations. « Je vous invite à s’approprier des activités de sensibilisation qui seront organisées dans les milieux confessionnels sous forme de causeries-débats », a-t-il indiqué.