L’usage des puits est une alternative au quartier La fougère

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Quelques secteurs du quartier La Fougère, à Makélékélé dans le 1er arrondissement de Brazzaville, les habitants ne disposent que de l’eau des puits pour exécuter les tâches ménagères tels que la lessive, la vaisselle, la serpillière, et même pour se laver. Quant à l’eau à boire, ils font recours à d’autres quartiers avoisinants pour s’en approvisionner, non sans se munir de quelques pièces de monnaie à la main. 

« Nous souffrons énormément. Et cela fait trois ans que l’eau du robinet n’a plus coulé. Quand ça coule c’est autour de 1heure du matin et il n’y a pas moyen de sortir parce que nous sommes dans une zone à risque où l’on rencontre plein de bandits », poursuit-il.

L’eau du puits de La fougère est une eau douteuse. « Chaque parcelle ici dispose d’un puits.  Nous faisons tout avec cette eau. Seulement, il faut utiliser le savon en poussière pour éviter cette légère sensation de colle qui vous reste sur le corps. Les plus sensibles sont souvent victimes de démangeaisons.  Il en est de même pour les enfants qui d’une manière ou d’une autre avalent cette eau impure pendant le bain. La diarrhée n’est plus loin à ce moment-là » affirme un habitant de La fougère Bizenga Milandou.

Le manque d’eau potable dans ce quartier a transformé la mentalité des gens qui y vivent. Donner à boire à un étranger est chose difficile, fait que le peu qu’ils trouvent soit gardé jalousement « Ici on ne partage pas de l’eau du robinet. Pour l’avoir, il faut parcourir de longues distances avec des brouettes. On économise cette eau pour ne pas épuiser vite les bidons. Là, il ne me reste que deux bidons de 25 litres. Si quelqu’un vient me demander de l’eau je ne donnerai pas », souligne Dieudonné Miankoulou. Habitat de ce quartier.

Une femme âgée se plaint de ces difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien « Je suis maladive, je souffre des pieds et des yeux. Quand j’envoie mes enfants pour aller puiser de l’eau du robinet, ils refusent parce que c’est loin. Cette situation me fait très mal », confie Pauline Soungui.

Outre les difficultés d’accès à l’eau potable, la fougère est aussi un quartier qui connaît un enclavement avancé. L’accès à cette zone en proie aux montagnes n’est pas facile.