Drame de Bétou : cinq morts déjà enregistrés

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Interpellé par la représentation nationale le 17 novembre au cours de la séance de questions orales avec débat, le gouvernement a annoncé que le bilan total du drame survenu le 2 novembre dernier à Bétou, dans le département de la Likouala, est passé de deux à cinq morts avec le décès de trois autres personnes touchées par balle.

Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, qui répondait aux questions du député Blaise Ambeto sur les dispositions prises par le gouvernement pour assister les familles endeuillées et les blessés du drame de Bétou, a déclaré que sur les onze personnes touchées par balle suite à l’intervention de la force publique, deux ont succombé de leurs blessures à l’Hôpital général Edith-Lucie-Bongo-Ondimba d’Oyo et un autre à Brazzaville. Ce qui porte le nombre à cinq morts dont le jeune Galako Joseph, Congolais de la RDC âgé de 21 ans, élève en première D au lycée de Bétou égorgé par son père géniteur, pasteur d’une église de réveil. « Les forces de l’ordre ont pris des dispositions nécessaires en interpellant les auteurs et en ouvrant une enquête en flagrance. S’agissant des dispositions prises par le gouvernement pour assister les familles endeuillées et les victimes, le ministre de l’Intérieur s’est rendu à Bétou pour leur apporter le soutien multiforme de l’Etat », a déclaré le chef du gouvernement.

Face à la prolifération des églises ou des sectes religieuses dans le pays, le gouvernement entend mettre de l’ordre même si la liberté de culte est garantie par la Constitution. « Il revient aux pouvoirs publics de faire appliquer la loi en matière d’établissement des confessions religieuses. Il y a quelques années, un recensement avait été réalisé pour permettre à l’administration publique de renforcer ses contrôles et de durcir les conditions de délivrance des autorisations d’ouverture des églises. Cela n’a pas suffi puisque beaucoup d’églises voient le jour sans disposer au préalable d’autorisation. D’où la nécessité d’assurer et de renforcer les contrôles systématiques », a annoncé Anatole Collinet Makosso.

Selon lui, l’exécutif va procéder au recensement général de tous les lieux de culte et suspendre tous ceux qui s’implantent au mépris de la réglementation en vigueur.

Répondant à des questions sur l’insécurité grandissante dans les grandes localités du pays, notamment le phénomène « bébés noirs », les braquages de « mère Alice », sur la nationale n°1 ainsi que l’agression du député Prince Bahamboula à Brazzaville, le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Développement local, Raymond Zéphirin Mboulou, se veut rassurant. Selon lui, plus de 621 jeunes délinquants croupissent à ce jour dans les geôles, attendant leur jugement. Quant au braquage de mère Alice, il a indiqué que des présumés auteurs dont deux policiers se trouvent actuellement aux mains de la justice. Au niveau du commandement des forces de police, des sanctions administratives ont été prises, a-t-il assuré. Il a, par ailleurs, déploré l’agression du député Prince Bahamboula dont les enquêtes seraient en cours.

La première séance de questions orales avec débat au gouvernement de la 15e législature a tenu ses promesses. En effet, pour une première fois depuis des années, vingt-deux députés ont posé des questions à quatorze ministres. Outre les questions de sécurité, les débats ont tourné autour de l’assainissement et l’entretien routier, les problèmes d’eau et d’électricité, le déficit en personnel enseignant ainsi que l’enclavement de l’arrière-pays, notamment de la Likouala.