Bagarre en plein vol entre deux pilotes d’Air France programmés sur le trajet Paris- Pointe-Noire

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Les deux pilotes qui assuraient un vol Genève Paris devraient prendre les commandes d’un Airbus A330 au départ de Roissy et à destination de Pointe Noire au Congo. Un autre incident plus grave impliquant un autre vol d’Air France ayant décollé de l’aéroport de Maya Maya à Brazzaville pour rejoindre Roissy est épinglé par le BEA. L’avion a été contraint d’atterrir d’urgence à Ndjamena au Tchad après une fuite de carburant à 11000 m d’altitude.

Un rapport sévère et des incidents inquiétants. L’autorité française responsable des enquêtes sur les accidents d’avion a publié mardi un rapport dans lequel elle souligne la récurrence d’incidents lors desquels les règles de sécurité ont été ignorées par des équipages d’Air France. Ce rapport du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) s’inquiète d’ « une certaine culture installée chez certains équipages d’Air France qui favorise une propension à sous-estimer l’apport d’une application stricte des procédures pour la sécurité » et appelle la compagnie aérienne française à « remettre le respect des procédures au centre de la culture de sécurité de l’entreprise ».

Le BEA s’appuie notamment sur un incident survenu le 31 décembre 2020 lors d’un vol entre Brazzaville (Congo) et Paris à bord d’un Airbus A330. Une fuite de carburant détectée en altitude de croisière a conduit l’équipage à se dérouter vers l’aéroport de N’Djamena (Tchad) mais sans observer la procédure de sécurité « FUEL LEAK » qui prévoit la coupure du moteur du côté de la fuite. « La coupure du moteur […] a volontairement été omise par l’équipage », observe le rapport. « Cette décision a ainsi créé un risque important d’incendie et entraîné une diminution importante de la marge de sécurité du vol, l’incendie ayant été évité par chance », poursuit le BEA. Si la compagnie souligne le nombre « extrêmement limité » de vols Air France donnant lieu à des enquêtes, elle dit avoir observé « au travers d’un certain nombre d’enquêtes récentes […] que les équipages concernés avaient pu […] s’affranchir d’effectuer certaines procédures de façon conforme ».

Nos confrères de La Tribune révèlent également la nature de certains autres incidents dénoncés ou non par le BEA, parmi lesquels des oublis de démarrage d’un moteur en amont du décollage en février dernier ou encore une altercation entre un pilote et son copilote. L’affaire a eu lieu à bord d’un Airbus A320 entre Genève et Paris, au mois de juin. Selon La Tribune, le commandant de bord et son copilote en sont venus aux mains dans le cockpit pendant la phase de montée après le décollage, le copilote ayant refusé d’appliquer une consigne.

Les deux pilotes arrêtés de vol

L’un évoque ensuite un coup porté par inadvertance quand l’autre parle d’une gifle avant que tous deux, restant à leur poste de pilotage, s’attrapent par le col. L’équipage commercial de l’appareil, alerté par le bruit, est ensuite entré dans le cockpit où la situation s’est rapidement apaisée. Un membre du personnel a tout de même passé l’ensemble du vol derrière les deux hommes et a rédigé un rapport sur l’incident. Air France confirme l’information, précisant que « l’incident a pris rapidement fin sans affecter ni la conduite ni la sécurité du vol qui s’est poursuivi normalement » et ajoute que les deux pilotes sont arrêtés de vol depuis, en attendant « une décision managériale ». Ils étaient programmés pour un autre vol à destination de Pointe Noire au Congo.

La compagnie assure ensuite prendre en compte l’ensemble des recommandations du rapport, précisant que certaines étaient déjà mises en œuvre. La compagnie s’engage par exemple à « fournir aux pilotes des outils leur permettant de rejouer et d’analyser leurs vols », comme le préconise le BEA. Air France affirme en outre qu’un audit sera engagé d’ici quelques mois « au sein de l’ensemble de la compagnie » afin de « compléter le cas échéant certaines analyses de ce rapport ».