Répression de la délinquance : les cas de justice populaire se multiplient

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Face aux cas de délinquance, la population décide de faire justice en brûlant vifs les présumés malfrats, balayant ainsi d’un revers de main la présomption d’innocence. Une réalité qui devient monnaie courante à Brazzaville.  

Il y a de plus en plus de présumés voleurs brûlés vifs à Brazzaville ou encore lapidés à mort par la population. Il s’agit là de la « justice populaire » qui fait référence aux actes violents souvent commis par des individus en représailles à un crime présumé.  Dans la matinée du 14 mars à Kintélé, à la cité dite des « Mille logements », deux présumés voleurs ont été arrêtés par la population qui n’a pas hésité à faire justice. L’un a été brûlé, l’autre mortellement blessé puis brûlé donnait encore des signes de vie. En décembre dernier, la même chose s’était produite près du Marché Total à Bacongo. Trois présumés braqueurs y ont été ligotés, lapidés, brûlés vifs.

La population, qui décide de faire justice, fustige le fait que certains bandits arrêtés sont relâchés sans que la procédure judiciaire n’arrive à terme. Ces derniers reviennent à la charge pour commettre les mêmes actes de violence qui s’étendent jusque dans les établissements scolaires.

Les pouvoirs publics devraient prendre davantage d’initiatives pour résoudre l’épineux problème de délinquance qui menace dangereusement la quiétude de la population qui n’hésite pas à faire justice. Le gouvernement s’active à réhabiliter et rendre opérationnels les centres de rééducation et d’insertion des jeunes à Aubeville, dans le département de la Bouenza, et à Bokagna, dans la Cuvette. Il faut attendre les prochains mois pour voir les portes de ces structures s’ouvrir.

Aussi, la stratégie nationale de prévention et de traitement de la délinquance, en cours d’élaboration, sous l’égide du Haut-commissariat à la Justice restauratrice, à la Prévention et au Traitement de la délinquance juvénile, se fait attendre. A ce jour, le travail qui se fait n’est autre que la rédaction d’une étude descriptive de la problématique en cernant les déterminants du phénomène de la délinquance juvénile ; la typologie de la délinquance ; la cartographie du phénomène sur l’espace national ainsi que les mesures à prendre pour la programmation des actions de la stratégie nationale de prévention et de traitement.

Pour l’heure, si les mesures concrètes ne sont pas prises, la population pourrait continuer à faire justice…