Mali : l’interdiction de la chicha divise l’opinion

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L’annonce de l’interdiction du narguilé divise les Maliens. Si les défenseurs de la santé publique se félicitent de cette mesure, les commerçants et tenanciers de bars parlent d’une décision précipitée.

C’est le 15 août dernier que l’arrêté a été pris par le gouvernement donnant six mois aux bars à chicha pour fermer. Le texte cosigné par six ministères, dont la Sécurité, la Santé et la Jeunesse, interdit l’importation, la distribution, la vente et l’usage de la chicha ou tout appareil similaire sur toute l’étendue du territoire national.

Nous devions être prévenus avant la publication du décret et avoir suffisamment de temps. Vous voyez dans le magasin, on a beaucoup de stocks ici, on n’a pas eu le temps de vendre ou quoi que ce soit quand on l’a financé. Nous venons de terminer nos études, nous n’avions pas de travail, le peu que nous avons, nous l’avons investi dans ces produits peste un commerçant.

Les consommateurs seront punis d’une peine d’emprisonnement de un à dix jours et d’une amende de 1 à 20 dollars. Pour ce représentant de l’association des victimes du tabac, ce décret interdisant la chicha est très important.

ll y a plein de clubs de chicha là où nous sommes. Et ces clubs de chicha, que disent-ils aujourd’hui ? qu’ils ont de la valeur parce qu’ils emploient des gens ». Mais en termes de mortalité et de maladies, si on prend en compte cela, on verra que franchement le mieux c’est d’arrêter prévient Ousmane Touré de l’association des victimes du tabac.

Un groupe de travail de l’Organisation mondiale de la santé avait mis en garde en 2017 contre la dangerosité du narguilé, qui est dix fois plus nocif que la cigarette et ne fait pas l’objet des mêmes campagnes de sensibilisation que le tabac.

Contrairement au tabac, il faut savoir que la chicha contient beaucoup plus de substances toxiques hyper-dosées. Il y a beaucoup plus de nicotine que dans les cigarettes ordinaires, beaucoup plus de goudron que dans les cigarettes ordinaires et il y a aussi des substances cancérigènes dues à la présence de métaux lourds.

Selon le tabacologue Salif Koné, une étude conduite dans des écoles de Bamako montre qu’à peu près 70 % des jeunes consomment de la chicha. En Afrique, le Cameroun a interdit son utilisation.