Les immortelles chansons d’Afrique : « Selia Zozo » de Papa Noël

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Artiste confirmé du panel des guitaristes atypiques du Congo, Papa Noël s’est frotté à la notoriété  grâce à son talent ébouriffant. « Selia Zozo », son titre, est une illustration d’une chanson de bonne facture.

C’est une chanson qui renseigne sur l’histoire d’un couple dont l’idylle débuta dès l’enfance. Au fil des temps, Zozo, la femme, commença à se désengager, alors que ses beaux-parents avaient déjà prévu les témoins de mariage. Pendant que le monde apprend la mauvaise nouvelle, les moqueries fusent de partout. L’homme, malheureux, ne supportant pas la calomnie, n’aura pas d’autre choix que de supplier sa belle : « tala na sima selia Zozo », « regarde ce que nous avions vécu, chérie Zozo ».

Cette pièce musicale recèle deux rythmes, trois mélodies et trois chants. En effet, les deux premiers chants sont exécutés en polyphonie par Carlito Lassa et Célio Pambou. Ces deux chants ont un même rythme ponctué par la batterie de Rikky Siméon. Le troisième chant, quant à lui, est responsorial avec un rythme. Plus accéléré, servi par la tumba exécutée avec maestria par Rikky Siméon. Ici, Carlito réalise un solo vocal sous forme de question et rejoint Célio Pambou  pour accomplir le chœur sous forme de réponse. Pendant ce temps, le saxophone de Houla Bruno et la trompette de Samuel Malonga, alias Sammy Trompette, s’accordent pour produire des sonorités fascinantes avant que n’intervienne le break destiné à Sammy Trompette pour démontrer son immense talent. On rappelle que cet album a vu le jour, en 1984, sous la référence IAD/S 0025, grâce à Batamio, alors directeur de l’Industrie africaine du disque (I.A.D). Papa Noel y joue de la guitare solo et rythmique, la basse est jouée par Makabi de l’Ok Jazz. Freddy Kebano en est l’ingénieur de son.

 Papa Noël, de son vrai nom Antoine Nedule Montswet, naquit le 29 décembre 1940 à Kinshasa. D’un père originaire du Congo Brazzaville et d’une mère originaire du Congo Kinshasa. Influencé par l’artiste Léon Bukasa qu’il considérait comme Papa, il inversa le prénom Léon qui donna Noël. Dès lors, il devint Papa Noël en souvenir de Papa Léon Bukasa. C’est ce dernier qui lui ouvrit la porte de la carrière musicale en 1957. En 1958, il remplace Tino Baroza dans Rock-A-Mambo. En 1960, il est à côté de Guy Léon Fylla dans Maquina Loca. En 1961, il intègre Les Bantous qu’il quittera en 1963 pour rejoindre l’African Jazz. En 1967, il crée son groupe Bamboula. Il pilote, en 1973, le projet de la réalisation de l’anthologie de la musique zaïroise. En 1978, il est dans l’O.k. Jazz. Après la mort de Luambo, en 1989, il se rend en Europe où il est installé jusqu’à ce jour. En 2013, il a sorti l’album « Color » avec Viviane Arnoux. Sur les archives sonores que compte la maison culturelle Biso na Biso nous avons pu répertorier ses œuvres : Huit albums, deux 78 tours et dix 45 tours.