Langues maternelles: les enfants et les parents déterminés à assurer la pérennité du patrimoine linguistique.

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Le Cercle culturel pour enfants a organisé le 8 avril à son siège à Louesssi dans le 3e arrondissement Tié Tié un concours de poésie en langue maternelle.

C’est grâce au partenariat fécond entre l’association Yidika (France), Nzo Buku et la direction départementale du livre et de la lecture publique de Pointe-Noire, que ce concours qui entre dans le cadre de la 2e édition locale de la Journée internationale de la langue maternelle a été initié afin de répondre au thème annuel « Sauvons nos langues ».

Face au danger dû à la perdition et à la disparition de plusieurs langues locales dans le monde en général et dans notre pays en particulier, le Cercle culture pour enfants (CCE) a organisé ce concours afin de donner la parole à l’enfant à travers la poésie,  de créer et susciter l’éveil poétique chez l’enfant, interpeller les parents à accompagner les enfants dans la recherche dans le domaine culturel,  faire prendre conscience aux enfants de leur devoir et de leur rôle de futur citoyen, réaliser un recueil de poèmes en langues maternelles. « Beaucoup de nos langues ont disparu, d’autres sont en voie de l’être. Que devons-nous faire pour sauver nos langues ? Nous devons les écrire mais aussi les apprendre à nos enfants pour qu’à leur tour ils les transmettent aux générations à venir », a dit Alphonse Chardin Nkala, directeur départemental du livre et de la lecture publique de Pointe-Noire.

Le concours de poésie ouvert aux enfants de 7 à 17 ans a donc réuni les enfants dans cinq catégories, à savoir : catégorie A : les enfants de la 4e à la 3e, catégorie B : les enfants de la 6e à la 5e, catégorie C : Les enfants du CM1 et CM2 , catégorie D : les enfants du CE1 et CE2, catégorie E : Les enfants du CP1 et CP2. « Pour les organisateurs, ce concours est avant tout un moyen pour mettre en relation par la poésie en langue maternelle les parents, les enfants et l’école. Il n’est nullement une émulation inter-scolaire, ni une compétition entre écoles mais plutôt une occasion de réunion  et d’échanges autour des langues locales que nous devons tous sauver », a réitéré Joel Nkounkou, directeur départemental du  Cercle Culturel pour enfants.

Ainsi,  des textes et poèmes tels A ma mère de Camara Laye, pour les 6e et 5e,   je guérirai, pour les CM1 et CM2,  Le faux malade pour les 4e et 3, l’enfant et l’oiseau de Christian Gali pour les CE 1 et CE2 ont été proposés aux enfants candidats. Traduits en langues maternelles, en famille, ces textes ont été dits en public et devant un jury éclectique présidé par Jean-Baptiste Tati U’taliane, écrivain et enseignant.

Deux passages sur le podium ont été nécessaires pour les dix candidats issus des écoles Henri Barbusse,  Christ-Vit, Les pédagogues, Saint Urbain, de convaincre et recevoir l’assentiment du jury. Des textes déclamés et lus en bembé, vili, loumbou, Pounou, lari, mbochi, lali, mbamba…

Après la délibération du jury, c’est Mpassi Ngoma, Elvebram, élève en classe de CM2 à l’école privée Henri Barbusse qui a occupé le premier rang avec la note de 7,5 consécutive à sa présence scénique, sa gestuelle et son aisance dans le maniement de la langue. Mountsouka Alban Emma, en classe de CE1 à Henri Barbusse avec 7 points a été classé 2e et Ndombo Flavie, élève en 6e à Christ -Vit 6,5 points est sortie 3devançant  Bouiti Beverly,4e, élève en 3e aux  Pédagogues avec 5 points. Quant à Ngombo Divin, élève au CP1 à Henri Barbusse, il a reçu le prix d’encouragement  pour avoir récité Ma Main en langue lari. L’école privée Christ-Vit est distingué pour son implication multiforme et son dévouement à la réussite de l’activité.

Des fournitures scolaires et un abonnement gratuit ont été offerts aux élèves méritants, heureux d’avoir participé à cette aventure à la fois ludique et éducative. Les parents et enseignants ont également apprécié la louable initiative du CCE et ont souhaité sa pérennisation.