Éthiopie: Abiy Ahmed rejette les ingérences extérieures au conflit dans le Tigré

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ne s’était pas exprimé depuis plusieurs semaines sur la guerre dans le Tigré qui endeuille de nouveau le nord de son pays depuis la fin du mois d’août. Mardi 1er novembre, au détour d’un reportage de la télévision publique chinoise, il a pour la première fois évoqué les négociations en cours en Afrique du Sud avec les autorités du Tigré, conduites par le parti TPLF.

Depuis des semaines, les médias officiels éthiopiens montraient Abiy Ahmed presque chaque jour inaugurant un grand projet agro-alimentaire, célébrant l’institution du mariage, faisant visiter un parc pour enfants ou une usine. Mardi 1er novembre, devant les caméras de CGTN, une chaîne de télévision chinoise, il présentait un grand projet agricole.

Mais devant les machines qui labouraient la terre, il a évoqué les pourparlers de Pretoria, en Afrique du Sud, où son gouvernement discute depuis le 25 octobre avec les autorités du Tigré, alors qu’une guerre dévastatrice se déroule sur le terrain.

« Nous essayons de convaincre le TPLF de respecter la loi du pays, de respecter la Constitution, d’agir selon la ligne d’un État éthiopien unitaire. S’ils pouvaient comprendre notre intérêt, s’ils pouvaient croire en leur propre Constitution et agir en conséquence, je pense que nous aurons la paix », a-t-il déclaré.

Mais Abiy Ahmed a voulu aussi faire de la guerre dans le Tigré une affaire entre Éthiopiens, dénonçant les ingérences de l’extérieur : « S’il y a beaucoup d’interventions de gauche et de droite, cela rend les choses difficiles. Les Éthiopiens devraient comprendre que nous pouvons résoudre nos problèmes par nous-mêmes. Et plutôt que d’écouter les choses venant de loin, il vaut mieux respecter nos propres lois, notre propre culture, nos propres coutumes. »

Tenus sous l’égide de l’Union africaine, les pourparlers de Pretoria sont toujours en cours, dans un strict huis-clos.