Amour vache entre Sassou Nguesso et les jeunes

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 L’année 2024 au Congo-Brazzaville, s’amorce sous les promesses. Le parcours politique du khalife d’Oyo, Denis Sassou Nguesso, est parsemé de promesses. Non tenues, bien sûr. 

Les promesses de gascon 

  « Paroles, Paroles, Paroles ». A l’instar du « Mbochi », bon teint, qui aime le « ngoki », le sénégalais qui aime la cola, le fils de « Mama Mouébara »,adore faire des promesses. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. Denis Sassou Nguesso n’a pas dérogé à son péché mignon.   Les jeunes  du Congo-Brazzaville, laisser-pour compte par les différentes politiques économiques initiées par Denis Sassou Nguesso ont besoin d’une véritable inversion de l’ordre des priorités pour considérer leur chômage et leur exclusion comme la première urgence à résoudre.  Anatole Collinet Makosso, Premier Ministre et Hugues Ngouolondélé, Ministre de la jeunesse, chargés de plancher sur le sujet du chômage , ont du pain sur la plance. Au Congo-Brazzaville, les jeunes en âge d’activité sont les oubliés des divers projets de société de ces  trente dernières années. Du plan triennal au plan quinquennal, de la « nouvelle espérance » au « chemin d’avenir » et « la marche vers le développement » , les jeunes n’ont pas eu droit de cité dans le monde du travail. Les promesses de 40.000 emplois par an de Denis Sassou Nguesso sont restées lettre morte. Elles se sont évaporé comme des écrits sur du sable du Sahara. C’était du grand bluff. Denis Sassou Nguesso ne s’est pas arrêté  là. Il a récidivé. C’est plus fort que lui. 

 Décret

   Le natif d’Edou-Penda a remis une couche le 31 décembre 2023 à l’occasion des Vœux du chef de l’Etat à la Nation: l’année 2024 dédiée à la jeunesse. Dans son message du Nouvel An, le président Denis Sassou N’Guesso a mis en exergue des questions liées à l’occupation des jeunes et à la réduction de la pauvreté.

Education, formation, emploi : le président de la République entend focaliser l’action de l’exécutif cette année 2024 sur ces trois axes avec la jeunesse comme principal bénéficiaire. Il l’a annoncé le 31 décembre, lors de son message de vœux, au cours duquel il a évoqué « l’urgence de répondre aux attentes des jeunes » au regard des défis auxquels se trouve confronté le pays au moment d’aborder la nouvelle année : « C’est pourquoi, pour une meilleure prise en charge de leurs aspirations, je décrète 2024, année de la jeunesse », a-t-il martelé (Les dépêches de Brazzaville .com, 31 décembre 2023).

 Denis Sassou Nguesso s’amuse à faire des miracles avec de simples déclamations. Tabu Ley Rochereau a chanté : « Amour raté ». . Le chômage des jeunes ne peut être résolu sans mettre l’accent sur l’assainissement du climat des affaires, sur le niveau de formation, sur la lutte contre la corruption…Rarement l’avenir n’aura semblé à la  jeunesse du Congo-Brazzaville aussi incertain. Ce n’est pas en décrètant 2024 année de la jeunesse qu’on va resoudre d’un coup de bâton magique les problèmes de la jeunesse, longtemps considérée comme du bétail politique. La jeunesse du Congo-Brazzaville, qui n’aspire qu’à aller voir ailleurs, face aux promesses non tenues de Denis Sassou Nguesso,  va bientôt quitter les oripeaux du désespoir pour endosser les habits de colère.   

   Benjamin BILOMBOT BITADYS