Quand le Dg de l’ARCPE Sakala boude son ministre incompétent Ibombo

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Le directeur général de l’Agence de Régulation des Postes et Communications Électroniques(Arpce), Marc Sakala, fait-il montre d’une insubordination à l’égard de son ministre de tutelle? Enquête

Brazzaville, jeudi 10 juin 2021. C’est jour de fête nationale de la Réconciliation nationale. Le directeur général de l’Arpce, Marc Sakala, reçoit, par le truchement de son WhatsApp, une invitation de son ministre de tutelle, Léon Juste Ibombo. Qui le prie de bien vouloir honorer de sa présence à une importante réunion qu’il organise le lendemain à son cabinet.

Selon nos sources, Marc Sakala, d’un ton courtois, présente ses regrets au ministre d’être dans l’incapacité totale d’y répondre favorablement. Sakala promet, par ailleurs, au ministre, pour des raisons de confidentialité, des détails justificatifs, de vive voix, sur son absence au cours de cette réunion annoncée.

Selon de bonnes confidences, le directeur général de l’Arpce s’était fait imposer, sur recommandation de son médecin, une mise en quatorzaine après qu’il a été en contact direct avec une personne infectée au coronavirus.

Bien plus, il devait, au même moment, prendre part à de très importantes reunions, via visioconférence at home, avec des organismes internationaux de l’IUT et la Banque des Etats d’Afrique centrale(Beac) pour préparer le GSMA où il est invité comme paneliste en fin juin 2021 à Barcelone en Espagne.

Une réunion d’autant plus importante, confient des fins connaisseurs du secteur des télécommunications, que c’est la première fois qu’un régulateur de la Région est retenu comme panéliste à cette grand-messe des Communications Électroniques…

Toutefois, par respect à la demande d’invitation à lui envoyée par le ministre des postes, télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo, le directeur général de l’Arpce y délègue ses trois directeurs centraux, ainsi que l’atteste la photo ci-dessous. Il s’agit notamment de Jean Célestin Endoke, directeur des affaires juridiques et Internationales(au centre); Serge Madzela, directeur de l’économie des marchés(à droite), et de Victor Mabiala directeur administratif, Financier et Comptable(à gauche).

Comment Léon Juste Ibombo n’a-t-il pas pu identifier la présence de ces 3 directeurs centraux de l’Arpce dans la salle de réunion? Notre sollicitude visant à en savoir davantage s’est, malheureusement, heurtée à un silence de la part du ministre des postes, télécommunications et de l’économie numérique. « Possible que le retard dans le versement de la fameuse subvention mensuelle de l’Arpce au ministère soit à la base de ce dépit amoureux entre Ibombo et Sakala », suppute un expert du secteur, bien au fait des micmacs du petit monde d’initiés des télécommunications au Congo.

LES OUKASES DE LÉON JUSTE IBOMBO DONNENT DES CRISES D’URTICAIRE AUX EXPERTS DU SECTEUR

Selon un fin limier du secteur, la sortie du ministre des postes, télécommunications, et de l’économie numérique, est bien maladroite et laisse transparaître la méconnaissance des textes par la tutelle. L’ Arpce est , certes, sous tutelle du ministère en charge des postes, des télécommunications et de l’économie, mais, au regard des textes, la tutelle n’a aucune compétence pour commanditer un audit. Toutes les dispositions contenues dans la loi 11-2009 du 25 novembre portant création de l’Apce ont pour vocation de garantir à l’Autorité de Régulation la capacité d’œuvrer dans son champ d’action sans interférences.

Des audits internes y sont régulièrement effectués par la Cour des comptes et de discipline budgétaire, et également par l’Inspection Générale de l’État. Il faut y adjoindre les contrôles budgétaires périodiques du Parlement. Des rapports de contrôle et d’audit existent. Selon nos informations, un audit, mené par le cabinet d’envergure mondiale KPMG, s’effectue depuis quelques mois à l’Arpce. Une culture de transparence, indique un expert-comptable proche du cabinet, qui s’inscrit logiquement dans la méthodologie de bonne gouvernance adoptée depuis plusieurs années, en matière de gestion financière.