Pourquoi le PCT tient-il au siège de Mouyondzi?

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Après un raz-de-marée de 103 sièges au 1er tour, le PCT reste insatiable !

Lentement mais sûrement, le dimanche de vote s’approche à Mouyondzi. A grands pas. Les électeurs sont impatients pour départager les deux dames en lice, Claudine Munari, présidente et candidate du MUST, et Jacqueline Lydia Mikolo, candidate du PCT.

Dans une certaine opinion, les habitants de Mouyondzi promettent une cinglante gifle à la candidate du PCT, malgré le rapprochement avec Michel Mboussi Ngouari qu’elle s’est offerte en début de semaine. Pas plus de 15%, préviennent les plus tranchants !

Les mathématiciens s’en mordent les doigts en calculant et recalculant pour obtenir un chiffre toujours gagnant pour Munari, même quand tous les cinq autres candidats du premier tour se plaçaient du côté de Mikolo. Pour eux, le match est plié, depuis la fin du premier tour, le MUST ayant obtenu plus de 49% et le PCT arrivant avec 22%, brisé de moitié par le score de Munari !

Si les choses devaient s’arrêter là, pourquoi le PCT ne retirerait pas sa candidate ? Qu’est-ce qui fait autant courir le PCT dans le pays Babembe où il n’a vraiment pas pignon sur rue ? Dans le voisinage de Mouyondzi, le PCT a pris la plupart des sièges : Yamba, Mabombo, Madingou, Ntsiaki et Kingoue en ballotage pour un deuxième tour.

Mouyondzi, pourquoi ? Il s’agit d’un bastion, le symbole du pouvoir. Connu pour son vote permanent contre le gouvernement depuis la chute du président Pascal Lissouba (1992-1997), Mouyondzi peut toujours donner l’insomnie au pouvoir. Depuis quelques années, le PCT a entamé d’arracher les fiefs de l’opposition : Mossendjo, Sibiti et Nkayi sont soit tombés soit scindés ou émiettés. Pourtant dans un environnement très hostile. Dolisie est quasiment le résultat d’un compris avec l’UPADS, sinon la capitale de l’or vert serait elle aussi dans la gibecière du PCT…

C’est pourquoi, après avoir réalisé quelques actions comme la construction de l’Institut de formation des enseignants, il est temps d’implanter le drapeau rouge. C’est l’expression d’un orgueil politique : dans le nord, on ne parle plus d’élections, tout est fini dès le premier tour, et le PCT a fait carton plein. Mais, à Mouyondzi, les opinions sont diverses et ondoyantes. Quasiment insondables ! De nombreux sages, sensés observer de la réserve ne cachent plus leur estime pour Munari.

D’après les témoignages recueillis sur place, des jeunes, mangeant et buvant à la table de Mikolo pendant le premier tour ont été reconnus le jour du vote dans le camp de Munari, veillant au grain. A l’intérieur du PCT, il y a forcément un malaise, surtout après avoir raflé 103 sièges pour une Assemblée nationale de 151 députés. Le PCT n’a même plus besoin de ses alliés pour gouverner. Certains caciques ne comprendraient donc pas pourquoi tenir tant à Mouyondzi. La victoire même du PCT dans cette circonscription ne serait pas applaudie de deux mains, ni reconnue facilement. En l’état actuel des choses.

On le sait aussi qu’en interne, quelques cadres du PCT ont souhaité voir Munari revenir à l’hémicycle, la voir jouer à nouveau un rôle politique dans le pays. Ces cadres veulent que Munari gagnent ! Trop de victoire tue la victoire, estiment-ils, mais tout bas ! Mais, Pierre Moussa le Secrétaire général du PCT a été plus que clair à l’endroit de ses candidats : il ne s’agit pas seulement de participer, il faut gagner !


@Arsène SEVERIN