Les vrais enjeux de la cacophonie autour de l’E2C

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Le bradage ou le contrôle du patrimoine de la SNE et de la SNDE amorcé par l’ingénieur Bruno Jean Richard Itoua (BJRI) avec la bénédiction du duo Gilbert Ondongo (GO) – Jean Jacques Bouya (JJB) et Cie a entrainé, en 2018, la naissance de E2C et de LCDE. Ce changement ne porte pas que sur des ambitions de domination économique. Il vise aussi l’hégémonie politique pour les 50 ans à venir. Décryptage.

Lorsque la guerre civile s’est achevée le 15 octobre 1997, Brazzaville était totalement dévastée. Les estimations de l’agent français de la DGSE, Eric Denécé, situaient le nombre de blessés en milliers et celui des morts à 400.000, soit 15,44% de la population totale de la République du Congo qui comptait alors 2.590.811 habitants, selon le pré-recensement de 1996.

Le choc et l’effroi nés de cette catastrophe humanitaire absolue ont affecté la totalité des infrastructures et l’ensemble de la population congolaise. Ce qui avait conduit d’un côté, le colonel Marcel Tsourou, Gouverneur-civil et militaire de Pointe-Noire, avec Pacific Isoïbeka, cogérants des fonds de la République en ce temps, à remédier aux infrastructures électriques et à doter les administrations de moyens roulants. Dans cette perspective, une somme de 1 milliard de FCFA avait été dégagée depuis Pointe Noire pour l’électricité et 93 véhicules (dont 20 pour la SNE et la SNDE, 10 pour le ministère de la santé, 10 pour la sécurité et le reste pour le gouvernement).

Par ailleurs, il est important de rappeler que, de l’autre côté, André Okombi Salissa, puissant membre du Gouvernement et du régime en place en ce temps, avait proposé la démobilisation des combattants du front 400 en priorité et l’accélération du processus de réconciliation nationale des jeunes de tous les horizons en les intégrant dans diverses structures, parmi lesquelles figuraient la SNE et la SNDE, en raison de la proximité du siège social et de la répartition ethnocentrée des pôles de production économique au sein du pouvoir.

Selon certaines indiscrétions, BJRI privé de son bébé SNPC, avait misé pour la création d’une source intarissable : l’énergie où il devait être actionnaire. Cependant, rien ne s’était passé comme prévu. Les solutions qu’il proposait n’ont pas fait long feu, surtout avec l’échec de la centrale thermique de Mpila, véritable gouffre à milliards en fuel. Plus tard, avait tenté de se rattraper avec son cousin Paul Obambi via le barrage de la Liouesso et autres.
Entre-temps, GO et JJB ont désormais mis les pieds dans le plat avec des ambitions d’accession à la plus haute marche du pouvoir, mais sans maturité dans la gestion politique, ignorant qu’en stratégie, l’accumulation des ressources est toujours le prélude à l’action. Les milliards volés et accumulés dénotent d’ambitions démesurées, voire d’un hubris. L’éclatement actuelle de E2C au profit des dignitaires qui se cachent derrière la SENELEC doit rappeler aux Congolais de se battre pour faire respecter leur droit.

Des privatisations sauvages capables de mettre le volcan en éruption

Le contexte explosif créé par les privatisations sauvages et incongrues de E2C a alerté toutes les écuries et chefs de clan ainsi que les politiciens qui pensent à la révision constitutionnelle pour occuper le poste de vice-président ou de l’Assemblée nationale après qu’ils se soient faits les poches. Pourtant, nombreux, non seulement n’ont pas la carrure, mais aussi, ils sont vomis par une grande partie de la population. Il sied de dire qu’au fur et à mesure que le délitement du pays s’accentue, de même, la contestation sociale de manière violente du peuple ira crescendo. Ces conséquences étaient déjà prévisibles avec le recrutement des pseudos enseignants opéré depuis Jean Rosaire Ibara via Ondzoto et validé respectivement par BJRI et Delphine Emmanuel Adouki actuellement sous la supervision récemment d’ACM. Or, l’Alma mater qui doit produire des fruits dignes de ce nom accouche des cerveaux vides pour réfléchir sur les opportunités par exemple d’une privatisation. Ce n’est pas à ACM, enseignant de carrière et juriste, que nous apprendrons qu’il y a un temps pour chaque chose et que les injustices sont à la base des soulèvements populaires dans le monde. Le non-respect des textes dans différents accords, comme ceux des terres avec les Rwandais et sur l’électricité boudée par 90 % de personnes, conduira tôt ou tard à des mouvements. Pourquoi donc ne pas prendre le courage d’y revenir que de renforcer la sécurité à la primature comme si ACM suspecte le prolongement du conflit de la RDC ou le soulèvement des congolais ?

ACM est ici pointé en sa qualité de vrai patron des grands travaux qui a supervisé les accords de bradage de l’électricité, et non Émile Ouosso, fût-il dans les combines de son bras droit JDO. La responsabilité lui incombe pour ne pas s’être imposée à Rodrigue et persuadé son parent Sassou de ce macabre projet. Même Fifi la Guinéenne qui s’est fait des poches avant de quitter bientôt le Congo à l’image de Joly la Rwandaise qui partira un jour, conviendrait avec nous, que ACM a validé le recrutement des pseudos enseignants qui détruiront le système éducatif et le système énergétique.

Faut-il condamné les syndicats qui revendiquent et les Congolais qui refusent de payer leurs factures d’électricité en guise de protestation face aux dignitaires véreux qui ne montrent pas l’exemple ?Il est important de savoir que le bradage du patrimoine congolais dont, les barrages et les sociétés sont des projets réfléchis depuis l’an 2000 pour constituer une classe de caste dominante comme en Inde.

Ghys Fortune EMBA DOMBE