Les dessous de l’accord de partenariat Sopeco et Sikar Finance

Au moment où les travailleurs de la SOPECO accusent plus de 30 mois d’arriérés de salaire, faute de recettes et aussi de versement de la subvention d’équilibre par le gouvernement, il est temps de rendre transparentes les rémunérations du contrat qui lie la SOPECO et SIKAR-FINANCE, propriétaire des services financiers comme Money Gram notamment.

À la lecture comparée des deux accords de partenariat portant sur la gestion du service de transfert d’argent Money Gram et Assistance aux services financiers postaux entre sopeco et SIKAR-FINANCE, signé le 30 juillet 2009, et le dernier accord de partenariat du 17 octobre 2019, signé entre les deux parties, le silence du dernier accord, sur la clé de répartition des rémunérations du contrat formulé sur la base de la « gestion commune des services financiers et postaux », a attiré notre attention.

Dans l’article 17 du contrat signé entre Guy Roger Mankedi, alors directeur général de la sopeco, et Arsène Sita, président directeur général de Sikar finance, la « Rémunération des parties » est nettement précisée. »

La rémunération sur les transferts d’argent internationaux est calculée sur la base globale de 23% des commissions versées par Money Gram « , peut-on dans l’accord auquel nous avons eu accès. Elle est fixée pour la sopeco à « 52% de la commission sur les transferts d’argent internationaux ; 45% de la commission sur les transferts d’argent domestiques;45% de la commission sur les opérations de change manuel ».

Aussi étonnant que cela puisse paraître le contrat de 5 ans signé en juillet 2019,entre la Sopeco et SIKAR-FINANCE , reste manifestement muet sur la clé de répartition de la rémunération que doit percevoir chaque partie. Est-ce une omission volontaire?

Faut-il noter que Sikar Finance exploite le compte de la sopeco domicilié à la Beac, pour opérer ses transactions à l’international avec son partenaire Money Gram. Ce qui a un coût ad valorem qui doit être rémunéré par le partenaire de la sopeco, incapable d’opérer elle-même ces opérations de transactions financières à l’international. D’autres postes en Afrique réussissent à proposer les mêmes services. L’exemple de la Poste de la RDC, qui a dû résilier son contrat avec Sikar finance, parle de lui-même.

Toutes nos tentatives de rencontrer les responsables de la Sopeco et SIKAR-FINANCE pendant les 2 mois de notre enquête se sont révélées bien infructueuses. Nous y reviendrons.

Alphonse Ndongo, journaliste économique et financier, Brazzaville.