Le général Brice Oligui à Oyo chez Sassou Nguesso

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Le nouvel homme fort du Gabon a ses propres raisons. Mais, on peut supputer.

Premièrement, la famille Bongo. Elle s’étend jusque sur les berges de l’Alima, à Oyo. C’est ici, au cimetière familial de Kona-Kona, en effet, que repose Lucie Edith Bongo Ondimba, l’ancienne première dame du Gabon, décédée en 2009.

Mme Bongo Ondimba a laissé deux enfants, Omar Denis Junior et Yacine Queenie, qui vivent auprès de leur grand père, le président Denis Sassou NGuesso. Il s’agit d’enfants que le général Oligui Nguema a vu grandir au palais du bord de la mer. Ils se connaissent bien.

On sait qu’avec leur grand frère, Ya Ali, les rapports n’ont pas été au beau fixe, à se souvenir du spectacle d’avril 2021 où Denis Junior avait été empêché d’entrer au Gabon pour l’inhumation du vieux Andjoua, son oncle.

Aujourd’hui, le général Brice Clotaire Oligui Nguema essaie de réhabiliter ces ratés de la famille. Omar Denis Junior Bongo Ondimba s’est d’ailleurs rendu à l’aéroport d’ollombo pour accueillir l’officier supérieur gabonais.

L’homme fort du Gabon, habillé en treillis, a saisi du moment émouvant pour s’incliner avec les deux enfants Bongo, devant la tombe de leur maman. Il l’a du forcément appeler « maman », comme on entend ces militaires qui appellent, avec révérence, la femme de leur patron.

Deuxièmement, c’est l’histoire qui lie les deux peuples voire les deux pays, car si les Congolais peuvent réclamer Franceville au Gabon, les Gabonais pourraient faire autant pour Pointe-Noire.

D’ailleurs beaucoup de Gabonais comme Ali Bongo Ondimba, Faustin Boukoubi, Marie Joséphine Kama dite Patience Dabany et autres sont nés au Congo.

En suite, pendant longtemps, Omar Bongo Ondimba s’est investi avant sa mort dans le règlement du conflit inter congolais commencé à partir de 1992. Beaucoup de Congolais vivent au Gabon depuis 1997.

Mais, le général Brice Clotaire Oligui Nguema a forcément ses propres raisons pour avoir réservé sa deuxième sortie à Denis Sassou NGuesso. Forcement.

En réalité, le régime militaire, après avoir renversé le pouvoir établi depuis des décennies à Libreville, doit maintenant rechercher des soutiens. Dans la sous-région d’abord. Forcement. C’est pourquoi il a commencé par la Guinée équatoriale, où est au pouvoir un autre général, mais plusieurs fois élus en abacost.


© Arsène SÉVERIN