La compagnie Eni Congo veut-elle créer des tensions sociales à Mayama?

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Le report de la formation sur le planting du ricin, initiée par Eni Congo au profit de plus de 1200 personnes, originaires de Mayama- dont les ex-combattants, dans le département du Pool, pourrait être source de tensions sociales aux conséquences bien imprévisibles. Pourquoi ? Explications.

Passé l’étape de la sensibilisation qui a permis à l’agrégateur de mobiliser un millier de petits producteurs de ricin à Mayama, dans le département du Pool, la phase de la formation que devrait assurer Eni Congo début février, avant le planting début mars 2023, serait, selon nos informations, reportée.

Une information, si elle venait à se confirmer, qui pourrait plomber le projet de la culture du ricin à Mayama, considère comme district pilote dans le département du Pool.

Des ex-combattants et autres originaires de la localité, tant engagés dans ce projet de la culture du ricin, sont d’attente lasse.

Il faut surtout éviter que les retards de la compagnie Eni Congo, dans la phase de la mise en œuvre du projet fassent l’objet d’une mauvaise interprétation et, partant, d’un effet repoussoir de la part d’une population qui voudrait revivre à travers ce projet, après les sales temps de braise dans le département du Pool.

Eni Congo mesure t-elle les conséquences de ses lenteurs administratives, surtout dans le département du Pool?

Selon un expert proche du projet, « si le planting prévu à Mayama en début mars prochain, venait à échouer, faute de formation à la certification de la culture du ricin conformément aux normes de l’Union Européenne, il faudra attendre au moins 6 mois. Ce qui ne sera pas du goût des petits producteurs déjà mobilisés à Mayama et dans le reste du département du Pool ».

Que vont devenir ces petits producteurs qui, sur fonds propres ou emprunts, ont déjà réservé des milliers d’hectares destinés à la culture du ricin? Difficile d’obtenir la moindre information auprès d’Eni Congo.

Il convient de noter que le Congo est un pays pilote pour la compagnie italienne Eni, en matière de culture du ricin destiné à la production des bio carburants comme au Brésil où se vent déjà à la pompe le litre de bio carburant.

Le comité de pilotage de cet important projet est composé d’ Eni Congo, des ministères du partenariat public-privé, hydrocarbures, et agriculture. Il semble, selon nos informations, qu’il manque une coordination au niveau de ce comité de pilotage qui se réunit difficilement. Est-ce la principale conséquence des retards constatés dans la mise en œuvre du projet ?

Les agrégateurs, nantis d’un contrat de vente du ricin à Eni Congo, s’occupent de la sensibilisation auprès des petits producteurs intéressés, tandis que Eni Congo, en sus des semences gratuitement offertes, se charge de la formation des petits producteurs, conformément aux normes de l’Union Européenne de la culture du ricin.

À Mayama, où 500 personnes attendent cette formation, l’inquiétude est bien grande si le report projeté par Eni Congo venait à se confirmer.

Une chose est vraie, l’on ne peut mettre en œuvre un tel projet dans le département du Pool, réputé volcanique, sans tenir compte des paramètres sociologiques voire politiques.

La moindre erreur ou retard peut tout faire capoter.

A.Ndongo, journaliste économique et financier