Golfe de Guinée: les trafics en hausse, les actes de piraterie en baisse

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Du Sénégal à l’Angola, le Golfe de Guinée regroupe 19 pays et concentre près de 10% de la production mondiale d‘hydrocarbures. Près de 400 navires de commerces naviguent quotidiennement dans la zone. Des intérêts qui attisent les convoitises, notamment des pirates, et qui entraînent une forte mobilisation militaire pour sécuriser cet immense espace. C’est le cas de la France, entre autres.

Terminée, l’époque où la marine française patrouillait seule. La Chine, la Russie, les États-Unis, et plus récemment le Brésil, le Danemark et les locaux : le golfe de Guinée est un secteur stratégique. Et, pour la première fois depuis cinq ans, le nombre d’actes de piraterie a été divisé par deux en 2021, comme l’explique l’amiral Lebas, préfet de l’Atlantique :

« On va rester prudent. Néanmoins, on observe d’ores et déjà une vraie inflexion avec 42 actes de piraterie depuis le début de l’année. C’est moins qu’avant. 56 otages ont été libérés. »

Baisse de la piraterie donc, mais forte hausse par contre de la pêche illégale, des trafics d’armes vers l’Europe mais également vers l’Afrique. Et surtout, le trafic de drogue augmente, avec une hausse des saisies : cannabis en provenance du Maroc, cocaïne d’Amérique du Sud. Deux tonnes ont été saisies récemment au large du Sénégal, et six tonnes ont été saisies au printemps au large de la Côte d’Ivoire.

« C’est le record français dans la zone. Six tonnes, c’est monstrueux. C’est de la cocaïne pure. Avec ça, on a 18 tonnes de cocaïne », commente l’amiral Lebas.

Questionné sur de possibles liens entre les narcotrafiquants et les groupes armés au Sahel, l’amiral a été très clair : « Ce que l’on sait, pour l’instant, c’est qu’il n’y a pas de lien entre le terrorisme islamique et ce qui se passe le long de la côte. Pour l’instant, ce sont encore deux sujets séparés. »

L’augmentation des navires militaires des pays africains devraient, en tout cas, renforcer les contrôles au niveau du golfe de Guinée.