L’année 2026 s’ouvre sous les auspices de la confusion du gouvernement Makosso. La conjugaison de faits récurrents, absence de liquidités totales de l’État, crispation armée et gigantesque crise sociale, risque de tout emporter. Il y a quelque temps, nous prédisions que les ministres Yoka, Bouya, Sassou, Mabiala, Mboulou et Collinet sont condamnés par le vent de l’histoire. Rien ne sera plus comme avant.
Le 15 janvier 2026, nous parlions de la rencontre entre le ministère de l’intérieur et les hommes de Ntumi qui accoucherait d’une souris. Le petit Serges Oboa nous l’a confirmé par sa distraction devant les vrais problèmes économiques et financiers. Sa doctrine de Bandenbekämpfung et les tirs des mortiers qui n’ont touché aucun Ninja ce 16 janvier de 4-8h00, ont fait flop! Faire la guerre dans le Pool sans renseignements précis dans un contexte financier tendu relève d’une démarche schizophrénique. La recherche des criminels et rétablir l’autorité de l’État est une chose. Mais, terroriser la population, ridiculise les institutions et refroidit les investisseurs à s’intéresser au Congo.
Un choc régional qui devient national à force d’inanités gouvernementales
Le sommet extraordinaire convoqué ce 22 janvier 2026 à Brazzaville par la CEMAC constitue un signal institutionnel implacable : les mécanismes ordinaires de stabilisation macroéconomique sont jugés insuffisants face à un choc imminent de liquidités externes. La détérioration rapide des réserves de change, la hausse des remboursements extérieurs et l’absence de programmes actifs avec le FMI pour la plupart des États membres placent la sous-région dans une situation plus grave que celle de 2016.
En effet, la BEAC est confrontée à l’érosion des réserves (–1 300 Md fcfa en six mois), pour une politique monétaire restrictive aux fins de défendre la parité du franc fcfa en relevant ses taux directeurs. Le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) est passé ainsi de 4,50 % à 4,75 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal a été porté à 6,25 %. Il s’agit des niveaux les plus élevés enregistrés par l’institution depuis au moins 2017. Ce choix, rationnel au niveau régional, transfère la contrainte sur les trésoreries publiques nationales, en particulier celles structurellement dépendantes du refinancement domestique et de la rente pétrolière, comme le Congo.
Une architecture budgétaire du Congo trompeuse : excédent comptable, déficit de caisse
Le PLF 2026 du Congo (projet toujours pas adopté à ce jour !) affiche un solde budgétaire global excédentaire, mais ce signal est économiquement secondaire. L’indicateur décisif est le solde primaire hors pétrole fortement négatif, révélant une incapacité structurelle à financer les dépenses courantes sans recettes extractives. Cette fragilité devient critique au premier trimestre (PT) 2026 car l’État ne fait pas face à un problème de trajectoire annuelle, mais à un mur de trésorerie immédiat : une dette intérieure en OTA/BTA estimée à 800 Md fcfa, dont 17 % exigibles dès le PT 2026 (selon nos estimations), soit environ 136 Md fcfa, conséquence directe de défauts et reports successifs en fin 2025 ; à cela s’ajoutent des engagements extérieurs auprès des bailleurs estimés à 355 Md fcfa par an, soit près de 90 Md fcfa en équivalent PT.
Ainsi, plus de 220 Md fcfa de pressions financières pèsent sur les trois premiers mois de 2026, avant même toute tentative de normalisation sociale ou d’investissement public. À cette contrainte financière s’ajoute une défaillance sociale systémique : retards de salaires et de transferts sociaux de 5 à 9 mois (CHU, CFCO, UMNG, Parlement Administration de la présidence et de la primature, etc.), des cotisations sociales jamais reversées, des pensions de retraite impayées depuis plus de trois ans. Ces phénomènes traduisent une rupture de la fonction redistributive minimale de l’État. Au PT 2026, cette situation a trois effets cumulatifs :
- Risques accrus de mobilisation sociale (grèves, blocages administratifs) perturbant la collecte fiscale et l’exécution budgétaire ;
- Effet récessif sur l’économie domestique, donc baisse des recettes non pétrolières ;
- Pression politique immédiate pour des décaissements rapides, aggravant la tension de trésorerie.
4.La tenue de l’élection présidentielle de 2026 qui accroît la demande de liquidités
(A suivre )
Ghys Fortuné BEMBA DOMBE







