Centrafrique: sur des vidéos, des soldats des Faca se déclarent prêts à combattre en Ukraine

« Nous sommes prêts à aller en Ukraine pour aider nos frères Russes. » Sur les réseaux sociaux, des soldats en uniforme de l’armée centrafricaine affirment leur soutien à l’armée russe et se disent prêts à combattre en Ukraine. Les autorités de Bangui n’ont jusqu’à présent pas réagi. 

Diffusées de manière coordonnée, notamment sur des chaînes Telegram russes depuis le soir du jeudi 10 mars, ces vidéos mettent en scène des hommes en armes se présentant comme des Faca, dont certains se filment depuis le camp d’entraînement militaire de Berengo, en périphérie de Bangui. 

On reconnaît clairement, sur l’une de ces vidéos, la statue de l’empereur Bokassa qui trône au milieu du camp de Berengo, où des Faca sont entraînés par les Russes. Officiellement, ces derniers sont des « instructeurs » envoyés par Moscou. Mais il s’agit selon l’ONU de « mercenaires du groupe Wagner » accusés de graves exactions contre les civils. 

« Nous sommes là à aider la Russie, à combattre les putschistes et à combattre l’Ukraine. Donc on est prêts, si la Russie nous demande, à aller en Ukraine, on va y aller, avec notre détermination. Ce n’est pas l’Europe ou les pays de l’Otan qui vont nous intimider. On est prêts à combattre, parce que nous aussi, la Russie nous a aidé à combattre dans ce pays. Nous avons eu la victoire. Donc on va aider la Russie à mieux combattre en Ukraine et à chasse les bandits de l’Ukraine. »

Plusieurs rassemblements pro-russes ont eu lieu ces dernières semaines à Bangui, notamment en présence du sixième bataillon d’infanterie territoriale. Régulièrement, des Faca sont pris en photo arborant des écussons « Wagner », une tête de mort au cœur d’une cible. « Nous, soldats africains, nous sommes prêts à aller auprès de nos frères russes pour les soutenir. Mes frères russes, Tenez-bon ! Nous, africains, nous arrivons bientôt. Courage, courage. »

En décembre, l’Union européenne a décidé de suspendre ses formations militaires en RCA. Car selon Bruxelles, la majorité de ses recrues opèreraient aujourd’hui sous contrôle de la société Wagner.

Selon plusieurs sources, ces vidéos ne font pas office de déclaration officielle, mais le ministère centrafricain de la Défense, l’état-major, le gouvernement et la présidence n’ont pas encore communiqué sur ces vidéos, malgré les sollicitations de RFI.

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière, la Centrafrique s’est abstenue de voter la résolution condamnant l’invasion russe en Ukraine. Mais le gouvernement n’a pas fait connaître sa position officielle sur le sujet.