Cémac : les États invités à réduire les obstacles aux échanges intracommunautaires

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Les experts du commerce extérieur, réunis à Brazzaville du 6 au 9 septembre, ont proposé des stratégies en vue de stimuler les échanges commerciaux au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac). Ils plaident pour un meilleur partage d’informations statistiques sur le commerce des marchandises.  

Les six pays membres de la Cémac veulent accroître le volume du commerce intracommunautaire d’ici à 2030. Mais la sous-région ne dispose pas pour l’heure d’un dispositif fiable et rigoureux de collecte des données pérennes sur le volume des échanges intracommunautaires de biens dans ses différents corridors, ainsi que d’un état des lieux de l’application des règles communautaires en matière de la libre circulation des produits d’origine communautaire.

Concernant les textes régissant le commerce des biens au sein de la sous-région, les experts ont exhorté les pays à se conformer aux directives communautaires, en particulier celle relative à la politique commerciale, afin de réduire les obstacles au développement des échanges intracommunautaires. À l’instar de la République du Congo, les États membres ont été invités à publier prioritairement les statistiques du commerce agricole et des autres secteurs non pétroliers.

À propos de la règlementation des textes communautaires sur les statistiques du commerce extérieur, selon Clément Belibanga, le commissaire en charge du département des politiques économiques de la Cémac, la réunion de Brazzaville a permis de s’imprégner des principales définitions des notions pour l’harmonisation effective des données disponibles. « L’objectif recherché est de disposer des informations non enregistrées dans les bases de données douanières sur les échanges intracommunautaires. Il s’agit d’identifier les principaux produits échangés entre les États au niveau des principaux corridors routiers », a-t- il ajouté.   

C’est ainsi que les participants ont insisté sur la nécessité pour les États membres de partager les informations statistiques sur le commerce au niveau communautaire et national ; de formuler un état de besoin détaillé qui pourrait justifier un accompagnement des structures en charge de la production des statistiques du commerce extérieur ; de se conformer davantage aux directives communautaires, notamment celle relevant de la politique commerciale, en vue de réduire les obstacles au développement du commerce intracommunautaire ; de légiférer sur le droit à l’exportation…

À l’endroit de la Commission de la Cémac, les experts ont recommandé d’intégrer les dispositions portant sur les méthodologies d’élaboration de la statistique du commerce extérieur dans la prochaine directive ; d’envisager le passage à une codification alphabétique pour la désignation des pays partenaires dans les échanges ; d’intégrer les tables de correspondances entre les régimes douaniers et les types de commerce ; de renforcer les capacités des administrations en charge de la production statistique au sein de la sous-région ; de réaliser une étude sur l’impact du tarif préférentiel, etc.

Avec un volume global d’échanges estimée à 3,5%, la sous-région Cémac est considérée comme l’espace communautaire le moins intégré du continent. Le Tchad est le pays qui commerce le plus avec ses voisins, avec un volume d’échanges d’environ 8%. Il est suivi du Cameroun (4,1%) considéré comme le premier partenaire commercial Cémac de la République du Congo. Globalement, les statistiques disponibles ne couvrent pas l’ensemble des échanges intracommunautaires, le secteur informel étant dominant en Afrique centrale.