Après la rivière de sang à Ornano, le loto gouvernemental

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Dans un discours prononcé le 14 août 2014 au Palais des Congrès, le Président Sassou Nguesso affirmait « le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! ». Neuf ans plus tard, comme si le sang était le seul engrais qui permettait de féconder la terre congolaise, la procession sépulcrale continue.

Funestement, après ce destin tragique pour nos 31 jeunes, l’émoi et le déchirement pour l’ensemble de nos concitoyens, les voilà repartis sans état d’âme, vaquer à leur « bullshit job », comme si la vie des congolais comptait pour du beurre.

Aujourd’hui, puisque la tragédie d’Ornano a été soldée, le landerneau congolais est en émoi. Ceux qui occupent un fauteuil ministériel guettent un sourire ou une poignée de main bienveillante du Président pour espérer survivre au loto gouvernemental annoncé pour imminent.

Pour ceux qui au niveau d’un parti taiseux ont saisi la moindre occasion pour célébrer le génie, la question est, en ai-je suffisamment fait pour que j’entre au gouvernement, depuis le temps que j’attends et que des demi-sel sont passés.

L’opposition n’est pas en reste avec son lot d’opportunistes qui rament subtilement, pensent-ils pour rejoindre la croisière des millionnaires en salaires que sont nos chapelains de l’intérêt individuel. Ce sont là les plus minables bien entendu, et au-delà, il y en a des plus vils, qui ont contribué en abusant les militants candidats à la contre-performance d’une opposition devenue rachitique et absente, devant un gaffeur olympique de gouvernement qui jamais ne force le respect.

Depuis les marabouts jusqu’aux féticheurs du village, c’est à qui profitera de l’aubaine car les certitudes sont aussi pour ne pas dire surtout de ce recours. Le poste le plus envié est, il va de soi, celui d’un premier ministre qui avait une base formidable, la jeunesse dont il n’a rien fait, préférant rivaliser d’obligeance courtisane avec le parti au pouvoir.

Le summum dans le genre c’est « je travaille pour que le président soit candidat encore la prochaine fois ». Pour ceux qui y verraient de la servilité, disons que ça y ressemble au point d’en être certifié conforme. A la tête d’un gouvernement pauvre en résultats, dire que l’essentiel bien compris c’est travailler pour une prochaine candidature appelle ou le respect ou la tristesse.

Pour boucler le chapelet des angoisses, comme si le malheur et la souffrance des congolais ne suffisaient pas, ce gouvernement inique procèdera au début de l’année prochaine à une nouvelle augmentation du prix des carburants et à une hausse de 30 % du prix de l’électricité. A défaut d’être en enfer, les congolais défient un destin eschatologique.

Dans la sérénité d’une pêche dans l’Alima, le Président Sassou Nguesso qui a favorisé le clonage en série des ministres et parlementaires milliardaires alors qu’il n’avait souhaité que la fidélité, devrait faire preuve de plus de rigueur pour réussir un casting qui s’annonce insipide.

Que Dieu bénisse le Congo.

Laurent DZABA
Président de la Dynamique VJ2R