Après Dolisie, Pointe-Noire sous la menace des épidémies bactériennes

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Si Dolisie, la capitale du Département du Niari et troisième ville du Congo, reste l’épicentre des épidémies bactériennes de shigellose, typhoïde, choléra et même de la salmonellose, avec 1.793 cas enregistrés dont 18 décès à la date du 20 juillet 2023, Pointe-Noire, la deuxième ville du pays avec ses 1,1 million d’habitants, est menacée. Elle a déjà enregistré 41 cas dont 5 décès. Le nombre de décès serait, selon certaines langues, bien supérieur. On parle d’une quarantaine de morts. Le Département de la Bouenza est aussi sous la menace à travers les villes de N’Kayi et de Madingou. L’O.m.s (Organisation mondiale de la santé) a déjà déployés ses experts à Dolisie, pour appuyer le gouvernement dans la gestion de ces épidémies. De manière générale, le nombre de cas a tendance à la hausse.
Selon la Direction de l’épidémiologie et de la lutte contre la maladie, à travers son bulletin Sitrep n°03 du 19 au 20 juillet 2023, quatre maladies bactériennes se sont signalées à Dolisie en épidémies qui menacent de se répandre à travers les autres localités du pays. Il s’agit du choléra, de la shigellose, la salmonellose et de la typhoïde. En plus, les cas de paludisme se multiplie aussi.
La tranche d’âge la plus touchée est celle de 5 à 14 ans, avec 40% des 1.793 cas enregistrés depuis le 28 juin dernier. «Cette proportion importante de cas dans ce groupe d’âge s’aligne sur l’hypothèse selon laquelle les épidémies auraient commencé pendant la période des examens (mois de juin), ici le Cepe (Certificat d’études primaires élémentaires) et que les enfants auraient été exposés aux aliments et boissons vendus par les ambulants pendant la même période. Les investigations pourront éventuellement répondre à cette hypothèse avec la définition de la fenêtre d’exposition. Parmi les alertes reçues, la tranche d’âge infantile (1 an et moins) est la moins touchée, probablement contaminée par proche contact ou par ingestion d’aliments contaminés», souligne le bulletin Sitrep.
Dans la lutte contre ces épidémies, les services de santé sont confrontés à plusieurs difficultés. Plusieurs défis sont, en effet, à relever comme:
– la prise en charge du personnel de santé impliqué dans la riposte;
– le renforcement des capacités diagnostiques locales par l’approvisionnement en réactifs et intrants;
– la mise en place des trois centres de traitement des cas de choléra dans les hôpitaux de Dolisie;
– la mobilisation de fonds pour soutenir la riposte;
– le renforcement des capacités de prise en charge, de surveillance, de prévention et de contrôle des infections;
– le renforcement des capacités en communication sur les risques et engagement communautaire par la formation des acteurs des Fosa et de la communauté;
– et la question cruciale de l’approvisionnement en eau potable courante de la ville de Dolisie.
Le gouvernement devrait tout simplement mettre en place une «task force» ou en tout cas renforcer les structures existantes, en budget et en logistique, pour rapidement enrayer ces épidémies.