Le FMI demande au Congo d’augmenter le prix du litre d’essence à la pompe

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Avec la flambée des prix du brut sur le marché international, la subvention du gouvernement congolais destinée à la stabilisation des prix des produits pétroliers va t-elle céder sous le poids des exigences du Fmi, avec le risque de renchérir davantage le coût de la vie au Congo ?

« Nous résistons à cette pression d’ajustement des prix de carburant et d’électricité depuis plus de 3 décennies. Et nous continuerons à garder la même politique quoi que cela nous en coûte », rassure, visage plein de bonhomie, une haute autorité congolaise qui a bien voulu, sous couvert d’anonymat, répondre à nos questions. En clair, pas d’augmentation, pour l’instant, du prix du litre de carburant tel que l’exige le Fmi au Congo.

Il convient de noter qu’en raison des pertes récurrentes subies par la Congolaise de Raffinage(Coraf, l’unique raffinerie)- plus de 300 milliards de FCFA-, pertes consécutives au coût élevé d’approvisionnement du brut sur le marché international, Brazzaville a déjà eu à relever la subvention allouée à la filière carburant Coraf. Celle-ci était passée de 8,7 milliards de FCFA à 11,1 milliards en 2007, dans le cadre du collectif budgétaire approuvé par le Fmi, avant de se situer aujourd’hui à plus de 14 milliards FCFA. Histoire d’épargner aux consommateurs des effets inflationnistes causés par la hausse du prix du carburant à la pompe.

À cet effet, force est de constater que le Fonds Monétaire International fait subir les mêmes pressions visant à augmenter le prix du litre de carburant aux autres pays africains(Cameroun, Gabon, Bénin, Côte d’Ivoire, Sénégal…), tout en fermant les yeux sur les conséquences sociales, à la fois explosives et dramatiques, d’une telle décision en ces temps du renchérissement graduel du coût de la vie triplement impactée par la crise économique pré et post covid 19, et la guerre Russie-Ukraine et alliés. Comment le Fonds peut-il exiger aux pays africains d’ajuster les prix du litre de carburant à la pompe, au niveau que les consommateurs européens qui disposent d’un porte monnaie plus épaisse?

Est-ce une manière de vouloir faire payer à l’Afrique sa neutralité dans cette guerre euro- européenne, afin de l’amener sur le terrain de la « Russe phobie » et surtout de la « Poutine phobie » à l’occidentale?

A.Ndongo, journaliste économique et financier, Brazzaville Congo.