Fatigués, les Congolais sont fatigués

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Les Congolais sont fatigués. Ils n’en peuvent plus des gouvernants pillards devant l’éternel et cyniques en diable, qui achètent à tour de bras, tout Brazzaville et tout Pointe-Noire, pour y monter des villas de nababs afin de concurrencer entre eux, à qui aura réussi la plus belle demeure.

Ils ne sont pas des capitaines d’industrie mais ils sont pour les plus grands prédateurs, des milliardaires et pour ceux en devenir des millionnaires, qui caracolent fiévreusement quoiqu’en rangs serrés vers le peloton de tête, persuadés par ailleurs d’une impunité totale.

Le Président ne les voit-il pas se servir sur la bête ?

Face à cette vente à la découpe du pays, l’opposition est soit persuadée de son impuissance, à moins qu’elle soit, après le départ des ainés valeureux, gangrenée par des demi-sel qui donnent à penser qu’à défaut de se battre, ils donnent dans la complicité objective avec le pouvoir. Les définissant ainsi, sommes-nous injustes ? Peut-être, sûrement, mais il n’y a pas de place pour un crédit gracieux là où il faut se révéler costaud.

En attendant, nous sommes fatigués de vivre dans un pays qui, à défaut d’être réalisé, s’effondre au gré des jours et des intempéries.

Quand deux gouttes d’eau tombent, Brazzaville et Pointe-Noire deviennent des cités lacustres. La voirie absente, livre nos deux grandes villes aux immondices et à la puanteur. Les artères principales rivalisent de nids de poule.

Il suffit de dénoncer cette malfaisance pour que la Primature et d’autres structures capitonnées de va-nu-pieds, libère les chiens de chasse qui prennent d’assaut les réseaux sociaux pour une vigoureuse campagne de dénégation et de sottise malgré eux car, officiant sabre au clair, l’évidence que si le pays n’est pas réalisé, c’est parce que la diaspora qui aurait pris ses quartiers sur internet vilipende des koalas qui sommeillent dans un champ d’eucalyptus, est une absurdité.

Fatigués, les Congolais sont fatigués

Quand la classe politique tout entière se disqualifie, des initiatives doivent monter du peuple. Nous souhaitons que s’il y a un nouveau gouvernement, il soit conduit par une personnalité au caractère bien trempé, peut-être une femme ou un homme d’église, qui n’ait pas été biberonné à la finauderie légendaire à l’instar de ceux qui étaient depuis des décennies maternés au bistrot « la congolaise », devenu siège du PCT.

Tant mieux si elle ne sort pas de la majorité, sa crédibilité y gagnerait. Il serait bienvenu de voir ce gouvernement restreint, composé de femmes et d’hommes aux profils diversifiés, avec des traitements repensés comme ceux des deux chambres et des institutions fantaisies qui ont casé du monde pour faire bien et créer une obligeance vis à vis du pouvoir.

Ce n’est qu’à ce prix que le Président serait considéré comme celui de tous les Congolais et incontestablement à l’aise avec ses compatriotes. Faire les choses autrement et persister dans un rapport de force permanent avec ses concitoyens qui guettent la moindre occasion pour rugir, c’est la meilleure façon d’enfiévrer les générations futures, entôlées depuis trop longtemps par des prophètes du malheur.

Que Dieu bénisse le Congo-Brazzaville.

Laurent DZABA
Président de la Dynamique VJ2R