Congo : l’avocat Nzikou arnaque ses clients pour s’offrir des parcelles et voitures

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La justice au Congo-Brazzaville souffre de graves dysfonctionnements depuis plusieurs décennies. On ne peut quasiment plus parler de justice tant le droit n’est plus appliqué, dans la plupart des cas. Celui qui paiera le plus, aura gain de cause. Ainsi, dans les bureaux des juges et des procureurs, on parle argent et non pas de droit. Tous, veulent construire, de grosses villas sur le dos des justiciables.

On peut ainsi entendre, dans les diverses chambres du parquet : « j’ai besoin de sable pour mon chantier », « j’ai besoin d’un écran plat pour ma maison » ; « j’ai besoin de ciment » etc. Nous n’avons plus affaire à des professionnels du droit, mais à des ingénieurs en bâtiment. Et si l’on rajoute à cela toutes les maitresses qu’ils entretiennent, on pourra parler d’infatigables géniteurs.

Pour illustrer ce propos, on peut prendre l’un des symboles de la décadence de la justice au Congo-Brazzaville. En effet, lorsque l’on parle de la corruption et de l’absence totale de moralité dans la justice, un nom revient souvent parmi tant d’autres, celui de Doctrové Nzikou.

L’une des affaires qui a rendu célèbre cet individu et qui lui a valu le surnom d’avocat des chinois est celui d’un jeune ouvrier qui a perdu son bras sur un chantier tenu par une entreprise chinoise.

Le malheureux ouvrier a fait l’erreur de sa vie en s’adressant à Nzikou pour le paiement des indemnités suite à la perte de son bras. En effet, l’entreprise chinoise qui avait embauché ce jeune homme était responsable de l’accident de travail dont ce pauvre ouvrier avait été victime.

Vous ne serez pas surpris, d’apprendre que le dossier, est « perdu » ou « en attente au parquet ». Le jeune n’a vu que du feu et n’a à ce jour rien perçu même pas cinq francs. Nzikou lui, s’est fait construire une somptueuse villa et aurait perçu la coquette somme de 200 millions de francs CFA des chinois. Il ne reste plus à ce jeune, que son seul et unique bras pour essuyer ses larmes. Un grand ingénieur en bâtiment, ce Nzikou…

Affaire suivante qui est déjà connue de tous, celui d’un jeune bailleur qui aurait loué une villa à des mafieux chinois à ex-trésor et qui s’est retrouvé en prison, tabassé, avec ses biens saisies, après avoir fait appel à Nzikou.

Bref rappel des faits : Le bailleur découvre que ses locataires chinois, en plus de ne payer : ni l’eau, ni l’électricité, ni le loyer, sont des proxénètes, et des trafiquants de drogue. Lorsque ce bailleur lui aussi fait l’erreur, de demander à Nzikou de l’assister dans l’expulsion de ces derniers, et dans le recouvrement des sommes dues, vous ne serez pas surpris, d’apprendre que le dossier est « perdu » ou « en attente au parquet ». Il faut rajouter que peu de temps après, on a vu Nzikou rouler dans un Toyota Prado tout neuf…

Le même bailleur par la suite s’est retrouvé en prison, tabassé par la garde républicaine et une saisie totalement illégale a été prononcée contre lui par le président du Tribunal de commerce Venceslas Bossouba. Venceslas Bossouba est un nom qui a fait couler beaucoup d’encre, pour ses jugements scandaleux. Bossouba s’est fait construire une luxueuse villa à Kintélé, avec tout le confort moderne. Un grand ingénieur en bâtiment, ce Venceslas Bossouba.

Affaire suivante, moins connue, mais toute aussi illustrative du comportement de Nzikou, un ouest africain ayant été chassé de son local par son bailleur, sans que le montant des travaux qu’il avait effectué dans ce même local ne lui aient été remboursé. Notre wara va également faire l’erreur de s’adresser à Nzikou pour l’assister au parquet. Vous connaissez déjà la suite : Vous ne serez pas surpris d’apprendre que le dossier est « perdu » ou « en attente au parquet ». Sans surprise, le dossier a été traité par le plus grand ingénieur en bâtiment du tribunal de commerce, j’ai nommé : Venceslas Bossouba.

Tous ceci, au nez et à la barbe du très peu autoritaire procureur général près la cour d’appel : Michel Oniangue. Aux dernières nouvelles, lui aussi serait en train de construire une villa. Un grand ingénieur en bâtiment, ce Michel Oniangue.

Et Christian Eric Locko dans tout cela, notre très cher et tendre bâtonnier des avocats que va-t-il en penser ? La réponse est déjà connue : «Nzikou, il n’a fait que son travail d’avocat », bien sûr. Christian Eric Locko serait-il également un grand ingénieur en bâtiment ? Grande question existentielle de notre époque. Comme disait Shakespeare, « that is the question ».

Je vous laisse méditer sur les agissements de ces grands ingénieurs en bâtiment, ces infatigables bâtisseurs et géniteurs que sont devenus nos professionnels du droit au Congo Brazzaville. Je parie qu’ils connaissent mieux le dosage du ciment et le cycle de la femme que le droit…

Le niveau des immeubles qu’ils construisent est de plus en plus haut, mais le niveau de la justice de plus en plus bas…

Il fut un temps où les magistrats vivaient dans des maisons de plain-pied et la justice était bien rendue. Aujourd’hui, ils vivent dans des immeubles de plusieurs étages et nous avons une justice de merde.