Secteur privé/Covid-19 : les opérateurs économiques déplorent une forte pression fiscale

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Les entreprises locales craignent le retour des contrôles fiscaux répétés, des pénalités dues au retard de paiement et des tracasseries multiples, alors qu’elles en étaient épargnées dans un passé récent.

Les activités productives et le commerce tournent toujours au ralenti, en raison de la persistance de la crise sanitaire en République du Congo et à l’extérieur. Les mesures restrictives prises depuis l’an dernier par le gouvernement congolais pour stopper la propagation de la pandémie de Covid-19 ont accentué les difficultés des entreprises qui peinent à faire face à leurs obligations fiscales.

En plus de l’angoisse liée à la baisse des affaires, les opérateurs économiques doivent aussi parlementer avec les agents de contrôle fiscal. Ces derniers ont repris du service depuis le retrait des mesures fiscales transitoires d’accompagnement des entreprises contenues dans la circulaire n°0351/mfb-cab du 15 avril 2020. Ils sillonnent les entreprises et lieux de commerce à la recherche des retardataires et des déviants.

Gérante d’un restaurant à la gare de Brazzaville, Firmine est opposée au contrôle que mène l’administration fiscale. Le nombre des clients qui fréquentent sa terrasse a sensiblement chuté depuis l’avènement de la pandémie. « Nous venons vendre juste pour éviter la fermeture(…) Depuis la semaine dernière, les impôts passent pour des contrôles. Nous allons les payer avec quoi ? », s’interroge la jeune femme. Partout dans les grands centres et marchés de la capitale, les commerçants se lamentent.

De quoi susciter la réaction du président du Collectif des opérateurs économiques du Congo (Copéco), Roger Obesse, qui invite les pouvoirs publics à comprendre les difficultés du secteur privé. L’application des pénalités, amendes et intérêts de retard de paiement des droits et taxes, a-t- il dit, est de nature à aggraver les difficultés des entreprises.

Des opérateurs économiques confrontés au non-paiement de la dette intérieure avaient bien accueilli les mesures d’accompagnement décrétées par le gouvernement. « Les mesures fiscales transitoires d’accompagnement des entreprises étaient la bienvenue, puisqu’elles nous ont permis d’équilibrer nos comptes », a témoigné Roger Obesse.

En rappel, les procédures de contrôle et paiement des charges fiscales avaient été suspendues au pire de la pandémie. Le ministre délégué en charge du Budget, Ludovic Ngatsé, indiquait que les mesures visaient à accroître la résilience des entreprises locales face à la crise sanitaire. En matière fiscale, l’administration fiscale suspendait tous ses contrôles sur place et sur pièces, ainsi que ceux relevant des collectivités locales. Quant à la déclaration douanière, l’État a accordé des facilités aux produits pharmaceutiques, au matériel médical et aux produits alimentaires de première nécessité ainsi qu’aux produits d’hygiène…