Congo : que se passe-t-il avec la fabrication des cartes nationales d’identité?

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Depuis des mois, la production des cartes nationales d’identité (CNI) est devenue un véritable casse-tête chinois pour les congolais qui veulent  s’en approprier. Une situation qui n’affecte pas seulement la ville de Brazzaville, mais aussi  tout le reste du pays. Ce qui frustre plus d’un observateur dans le circuit non officiel de fabrication des CNI, est qu’actuellement elles seraient fabriquées que pour certains congolais privilégiés. Rien à foutre pour le Congolais lambda.

En septembre 2020, sur instruction du directeur de l’identification civile, toutes les machines de fabrication des pièces nationales d’identité ont été retirées pour des raisons de maintenance à sa direction située dernière l’ancien commissariat central de Brazzaville. Une situation qui justifie en quelques sortes la problématique liée à la rareté de l’acquisition des Cartes Nationales d’identité au Congo.

Le constat fait est que les machines supposées être en maintenance ou dans un état de délabrement, ont été déployées pour la plupart aux domiciles de certains dignitaires du pouvoir actuel pour la production des cartes nationales d’identité afin de faire valoir leurs droits de vote au scrutin du 17 et 21 mars dernier dont Denis Sassou N’Guesso a été déclaré vainqueur.

«Depuis un certain temps, les postes de polices  ne produisent  plus  les pièces nationales d’identité. Il suffirait simplement de mettre en avant une somme comprise entre 50.000 et 100.000 FCFA pour s’en procurer dans un délai de deux à trois jours, voire le même jour», a déclaré une source digne de foi.

Ainsi, faudra t-il indiquer que, depuis la mise en place de la nouvelle carte nationale d’identité sécurisée en 2007, tout se passait comme sur des rails. C’est ce qui a justifié la reproduction de toutes les cartes expirées à partir de 2017, puisque cette dernière a une validité de 10 ans.

Il faut noter que, ce problème tracasse non seulement les demandeurs de la Carte Nationale d’Identité, mais aussi ceux qui veulent s’établir les passeports pour aller étudier ou s’séjourner à l’étranger : «  j’avais fait la demande de mon passeport depuis le 8 Mars 2021, jusqu’à présent aucune suite m’a été favorable. J’ai même ajouté 25.000 FCFA sur le montant légal qui est de 50.000 FCFA pour que ça sorte vite, mais rien jusqu’aujourd’hui », a confié un demandeur de passeport.

Cependant, à Talangaï, la durée de remise de la Carte Nationale d’Identité reste indéterminée. Toutefois, une somme de 5.000 FCFA voire  est requise pour la production et un montant supplémentaire  de 5000 10.000FCFA est recommandé pour chaque impétrant si l’on veut se procurer le récépissé.

Au commissariat de Ouenzé, un agent a fait comprendre que depuis quelque temps, les CNI ne se produisent plus dans les postes avancés, mais plutôt à la direction de l’identification civile.

Sous couvert, un congolais a fait savoir que pour apporter son aide à tous ceux qui veulent s’en procurer, il demande une somme de 8.000 FCFA, dont 3.000 FCFA qui servirait à son transport et 5.000 FCFA pour financer afin de trouver un rendez-vous d’enrôlement et passer à la machine, ce qui n’est pas facile en ce moment : «  Certes la carte nationale d’identité  est gratuite, mais il faudrait financer pour vite passer, car tu peux faire au moins un mois sans pour autant que tu passes à la machine », a-t-il prévenu.

Au niveau du poste de  Police de Ouenzé Madzadza, du commissariat du 5e arrondissement et à la mairie de Poto-Poto, les agents de ces structures ont fait comprendre que les cartes nationales d’identité  ne sont désormais produites qu’à la direction de l’identification civile.

Face à la situation, la direction de l’identification civile n’a pas voulu communiquer avec la presse sur ce  qui bloque le processus de fabrication des cartes nationales d’identité à Brazzaville et ailleurs. Nos confrères de Télé Congo ont eu à faire le déplacement pour y savoir davantage mais hélas !

Le ministère en charge de cette affaire est tenu de mettre tout en œuvre pour qu’une solution soit trouvée. Car il va de soi avec la sécurité de tous.

Par Maliche Mbou-Eta