Le saviez-vous ? L’origine de l’appellation de l’aéroport « Maya-Maya »

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Le saviez-vous que le nom de l’aéroport international de Maya-Maya (Brazzaville), vient d’un malentendu lors des premiers contacts entre les explorateurs « blancs » et une famille batéké dont le chef s’appelait Mpiaka. Ce dernier, interrogé par les explorateurs, ne comprenait pas la langue française, interpella son neveu scolarisé qui était juste à côté des étrangers blancs en prononçant les mots « maya, maya » – ce qui veut dire « viens, viens », pour qu’il lui traduise en langue téké les propos des techniciens français. Ces derniers crurent alors que la zone du terrain qu’ils avaient repéré s’appelait Maya-Maya. Le nouvel aéroport fut appelé ainsi.

L’utilisation du moteur à réaction dans l’aviation civile est la raison de la fermeture de l’ancien aéroport de Bacongo remplacé depuis 1950 par l’aéroport Maya-Maya.

En effet le premier aéroport de Brazzaville était situé à Bacongo, dans l’enceinte du centre sportif qui abritait le tarmac, avec pour piste d’atterrissage, sur près d’un kilomètre de long et 30 mètres de large, l’avenue Capitaine-Gaillarde devenue plus tard l’avenue Matsoua ; et pour tour de contrôle le bâtiment cédé au MPLA et baptisé « Angola libre » en 1975, à l’indépendance de la plus grande et riche colonie portugaise en Afrique.

Cet ancien aéroport avait fonctionné jusqu’en 1950, année de l’entrée en exploitation de l’aéroport Maya-Maya. En l’absence d’information sur sa construction et la date de sa mise en exploitation, ce premier aéroport possédait une tour de contrôle âgée bientôt d’un siècle, vestige en parfait état qui trône sur l’avenue de l’OUA, à côté de la gare routière de l’Océan du Nord, entourée des vieux bâtiments de l’ancien service de la météo, à l’origine du nom du quartier Météo. 

La nécessité d’une piste plus longue

Au début des années 1950 apparurent les premiers avions à réaction civils, destinés au transport des passagers, avec une vitesse de croisière portée au double de celle des avions à hélices. Les avions à réaction ayant besoin d’une piste plus longue, celle de l’avenue Matsoua, trop courte, ne pouvait être rallongée en direction du fleuve Congo, du côté du quartier Mbama et de la Case De Gaulle toute proche, ni du côté de Moukoundzi-Ngouaka, avec la proximité du ravin du cours d’eau Malari-Somé qui coule en contrebas du quartier Château d’eau. Il n’y avait pas d’autres choix que de délocaliser l’aéroport de Bacongo pour pouvoir construire une piste plus longue et appropriée afin d’accueillir les nouveaux avions équipés de moteurs à réaction. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, une équipe technique française fut chargée de chercher un terrain pour la construction du nouvel aéroport. Elle repéra le plateau délimité par la forêt de la Patte-d’oie, la rivière Mfilou et la dépression de Moungali.

Le terrain repéré pour le nouvel aéroport appartenait à une famille batéké dont le chef s’appelait Mpiaka. La famille Mpiaka habitait un village qui était implanté à l’emplacement de l’ancienne usine d’aliments de bétail de la MAB et de la station de concassage de pierre Dalbeira et Boinega. Elle était propriétaire d’un vaste terrain allant de l’Orstom à Diata jusqu’au carrefour de l’avenue Loutassi. Ce terrain englobait toute la zone de la Patte d’oie, du stade Alphonse-Massamba-Débat et l’aile gauche de l’avenue Loutassi en descendant du plateau vers Ouenzé. 

C’est en octobre 1951, que fut inauguré à Brazzaville le vol de l’avion Constellation, un grand quadrimoteur à hélices qui avait une autonomie de vol plus importante, effectuant la ligne Paris/Douala/Brazzaville en dix-sept heures environ. En 1954, les DC 6 apparurent à Brazzaville, avec une liaison hebdomadaire entre Paris et Brazzaville, passant par Alger, Niamey, Fort-Lamy, Douala, Libreville, Pointe-Noire, pour remonter sur Marseille ou Nice. Finalement, ce n’est qu’en 1960 que Maya-Maya commença à accueillir les premiers avions à réaction avec le Boeing 707 d’Air France et le DC-8 d’UAT, sur la liaison Paris/Douala/Brazzaville.

Depuis lors, l’aéroport international Maya-Maya a été reconstruit en deux modules dont le premier a été livré et inauguré le 11 août 2010 avec une deuxième piste d’atterrissage de 3 700 mètres, et le second a été inauguré le 05 février 2014 par les autorités congolaises.

Ce nouvel aéroport comprend sept passerelles télescopiques vitrées adaptées aux avions de types Airbus A380 et Boeing 747-400.