Tourisme : le fleuve Congo, une mine de vues extraordinaires

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Naviguer sur le fleuve Congo, notamment dans sa partie frontière des deux Congo, offre le plaisir de découvrir de nombreux sites touristiques. Les 600 km qui séparent le beach de Brazzaville ou de Kinshasa au confluent de l’Oubangui dévoilent des merveilles et des images à couper le souffle.

D’abord la vue de ces nombreux villages et quelques villes des deux rives du fleuve dont les principaux sont du côté Congo-Brazzaville : Maluku-bambou ; Maluku-Tréchot ; Longoli ; kaba- école ; kaba- village ; kunzulou miranda ; Dinga mawa ; Mossengue ; Santa Maria ; kimpoko ; Mafambi ; Ngabé ; Mouala ; Léfini ; Mbala ; Lilanga ; Mpouya ; Makotipoko ; Kounzoulou ; Mobaka ; Mossaka ; Loukolela ; Likenzé ; Matoko ; Nkasa ; Ibebou ; Botounou ; Motimombiongo ; Liranga. et du Côté Congo-Kinshasa : Maluku ; Maboutoukou ; Mai-Ndombé ; Kana ; Kunzulu ; Kouamouth ; Biangala ; Mbali ; Muse Bwaka ; Tsumbiri ; Bolobo ; Bobi ; Loukolela ; Ngombé.

Outre ces agglomérations rurales et urbaines riveraines du fleuve Congo, la curiosité du touriste sera captée par des sites naturels tels que les pointes ngobila aux kms 174 et 178 respectivement rive droite et rive gauche du fleuve Congo ; Sandy-beach, une étendue d’eau à l’image du stanley-pool, mais deux fois plus vaste. Il va du km 260 au km 300 ; où l’on peut contempler l’ile kaka, l’ile des hippopotames, et l’ile noire et puis les falaises de Manguéguégué. Selon Edouard Dupont auteur des « Lettres sur le Congo – Reinwald 1887 », ces falaises rappellent à tous égards les falaises de la Manche (France et Grande- Bretagne). Comme elles, elles sont à pic, à arêtes découpées par des ravins et d’une blancheur éclatante. Mais, à part ces similitudes d’aspect, leur différence est fondamentale et rend ces similitudes mêmes particulièrement étranges.

 Les falaises françaises et anglaises (…), sont de la craie, ici, c’est du sable agglutiné d’un côté, du carbonate de chaux, de l’autre de la silice. Ces couches de Stanley-Pool sont donc un grès blanc, très tendre, en couches horizontales, le dépôt doit avoir une épaisseur d’au moins cent cinquante à deux cents mètres (…), il repose sur du quartzite brun et sur des grès jaunes bréchiformes qui forment le lit du Congo du Stanley-Pool jusqu’au Kassaî et plus haut ».   

D’autres curiosités à visiter ; ce sont les confluents : Kassaï au km 193 ; la léfini au km 219 ; l’Alima km 418 ; l’Oubangui au km 600, etc. Citons aussi la première curiosité au départ de Brazzaville, le Pool- Malebo où se regardent comme dans un miroir les villes capitales les plus rapprochées au monde : Brazzaville et Kinshasa. Le Stanley-Pool ou Pool –Malembo (environ 555Km2) est un lac de forme elliptique (34Km sur 24Km). Quant à la grande Mbamou, sa superficie est d’environ 187 Km2. Le 23 décembre 1908, signature de la convention franco-belge rattachant l’île Mbamou au Congo français. L’émerveillement des touristes du fleuve Congo sera complété par l’histoire dudit fleuve.

Plus loin, à l’est, tandis que le lac Moëro se créait un déversoir par la Luvua, le Tanganika se forçait un passage vers le Lualaba à travers la Lukuga, captait les eaux du Kivu et une partie de l’ancien bassin méridional du Victoria-Nyanza ; il venait renforcer ainsi la puissance du fleuve. Celui-ci, aujourd’hui long de 4700 km, a un débit moyen de 40.000 mètres cubes à la seconde ; il creuse une profonde vallée sous-marine et sa force est telle qu’à 17 km au large son courant demeure sensible, que les eaux de surface de l’océan en restent douces jusqu’à 75 km, qu’à plus de 500 km on observe encore une coloration de la mer par les matières qu’il apporte.

On comprend qu’une telle masse d’eau, entraînant un éventail de rivière étalé sur plus de deux millions huit cent mille kilomètres carrés, ait pu, par l‘érosion, se frayer un passage à travers les roches les plus dures. L’exutoire qu’elle s’est littéralement sculpté à travers la roche entre Léopoldville et Matadi en est le plus frappant exemple : là, le fleuve, qui au Stanley-Pool s’étendait sur une largeur de quelque vingt-cinq kilomètres, se resserre brusquement dans des gorges qui parfois ne dépassent pas 500 mètres ; le long des 350 kilomètres qui séparent la capitale du port maritime, il dévale en tourbillonnant le long escalier qu’il s’est aménagé en sciant la roche, cet escalier forme sur une dénivellation de 260 mètres une trentaine d’ensembles de chutes et de rapides »

Ce beau et tumultueux paysage n’a pas changé depuis mon dernier voyage en 2001 à bord du bateau Marie-Massamba-Débat, dans le cadre de la couverture médiatique de la première patrouille mixte entre les deux Congo de l’opération Pacific Congo-Oubangui. L’opération avait rassemblé 500 militaires des deux Congo. Chaque pays y avait mis la moitié des effectifs. Ce digest est une invite, non une prière à « goûter » à ce plaisir de visiter les merveilles du Congo qui est finalement une preuve de la mécanique continentale terrestre.