Sassou interdit aux ambassades du Congo de délivrer des passeports aux opposants

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Des instructions strictes ont été données à toutes les chancelleries du Congo notamment en Europe pour refuser de délivrer de nouveaux passeports à tous les opposants ou de les proroger.




Déni de nationalité et citoyenneté 
Le 07 janvier 2000, M. Sassou Nguesso, président autoproclamé de la République du Congo à l’issue d’un coup d’Etat sanglant, adresse une Lettre confidentielle au Comité Mixte d’Actions Spéciales (CMAS) composé des éléments de l’Armée, des milices Cobras et des membres du PCT, dans laquelle il donne des directives très précises.
Non seulement il se félicite de la barbarie dont il est passé maître en matière de crimes, il a par ailleurs poussé le bouchon jusqu’à refuser ou retirer la nationalité et les droits de citoyen à tous les Congolais qui ne lui portent pas allégeance.
Par fierté, parce qu’ils aiment leur pays d’origine, il y a à travers le monde de nombreux Congolais qui n’ont jamais pensé à changer de nationalité où à prendre celle du pays où ils ont trouvé refuge. Ce sont ces Congolais-là qui, conformément à la clause du paragraphe 4 de la dernière page (p.3) de la directive au CMAS, se voient refuser l’octroi de passeport ou de Carte Nationale d’Identité.




Ce n’est ni plus ni moins qu’un déni de nationalité et de citoyenneté injustifié.
Que reproche-t-on à ces compatriotes ?
Depuis le retour de M. Sassou au pouvoir dans les conditions que l’on sait, de nombreux Congolais s’opposent au régime en place qu’il incarne à Brazzaville. Ils organisent des manifestations en Europe et aux USA, etc., pour dénoncer et combattre ce régime inhumain. Ces manifestations se sont multipliées lors des guerres successives déclenchées dans la Région du Pool dont le but est l’épuration ethnique de toutes les populations qui y vivent depuis des siècles : un châtiment collectif pour appartenance ethnique, mais aussi pour dénoncer les incarcérations arbitraires de MM. Mokoko, Okombi Salissa et Modeste Boukadia condamné à 30 ans de travaux forcés, entre autres.




Des instructions strictes ont été données à toutes les chancelleries du Congo notamment en Europe pour refuser de délivrer de nouveaux passeports à tous les opposants ou de les proroger. Des compatriotes qui voulaient faire proroger leur passeport se sont vu confisquer le document, en application des directives de la Lettre au CMAS n° 19/00/PR.CAB du 07 janvier 2000.
Cette pratique éhontée est en vigueur à l’Ambassade du Congo à Paris, notamment, où de nombreux Congolais ayant été filmés lors des différentes manifestations à Paris, sont dans le collimateur des Services de l’Ambassade du régime en France et se sont vu refuser ou confisquer leur passeport lors de leur demande de prorogation.




Au regard de ce qui précède, il est demandé à tous les Congolais qui se trouveraient dans cette situation de se saisir du présent document comme preuve à apporter auprès des autorités compétentes habilitées.
Aux Autorités françaises et d’autres pays européens de prêter main forte à ces Citoyens congolais victimes de l’autoritarisme du régime de Brazzaville incarné par M. Denis Sassou Nguesso.
Jean-Claude MAYIMA