Gratuité des services bancaires : la BEAC n’exclut pas des sanctions contre les banques réfractaires

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La Banque centrale, à travers la Commission bancaire de l’Afrique centrale(Cobac), avait institué la gratuité sur vingt-deux produits et services en vue de favoriser l’inclusion financière au sein de la sous-région. Deux ans après, nombreux établissements bancaires, notamment au Congo, peinent à se conformer aux directives de l’autorité monétaire.

La mise en œuvre de la gratuité sur les produits et services bancaires a été évoquée, le 25 septembre, par le président du CPM, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) lors de sa conférence à l’issue du comité de politique monétaire(CPM). La Banque centrale suit de près l’évolution de cette réforme liée à l’inclusion financière qui permet à chaque citoyen d’accéder à un compte bancaire, aux moyens de paiement adaptés, au crédit pour réaliser des petits projets d’insertion socio-économique.

Au Congo, certaines banques continuent de facturer la consultation du solde ou la délivrance du relevé d’identité bancaire (RIB), ainsi que l’ouverture de compte, le changement d’éléments d’identification constitutifs du dossier du client, la délivrance du livret d’épargne et son renouvellement, la consultation du compte dans les agences de l’établissement, la délivrance d’une attestation de non-redevance par an et à la clôture de compte, le versement d’espèces dans les agences de l’établissement.

En ce qui concerne le non-respect de la gratuité sur ces services bancaires, le gouverneur a fait savoir que la Cobac est déjà saisie pour en assurer le suivi. Pour l’instant, a-t- il ajouté, l’autorité monétaire privilégie la pédagogie en sensibilisant les établissements au respect de la mesure de gratuité de services bancaires et le processus de la médiation. Les services de l’institution sont là pour recevoir les plaintes des usagers ou des associations des consommateurs.

Au cours de sa troisième session ordinaire, le CPM de la BEAC a examiné l’évolution récente de la conjoncture économique ainsi que les perspectives macroéconomiques au plan sous-régional et international. La situation économique communautaire reste tributaire de la conjoncture internationale, avec un recul de la croissance économique à 2,5 % contre 2,8 % en 2022. Le CPM a également noté une persistance des tensions inflationnistes qui resteraient élevées autour de 5,7 % en moyenne annuelle en 2023, mais en baisse à partir du troisième trimestre de l’année.

La Banque centrale a décidé de maintenir son taux directeur à 5%, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal à 6,75 %, le taux de la facilité de dépôt à 0,00%, afin de juguler les effets de l’inflation. À ces décisions de la BEAC vient s’ajouter celle concertant les offres de reprise de liquidité aux banques commerciales en activité dans l’espace communautaire. D’après la Banque centrale, cette politique d’assèchement des banques pour restreindre davantage l’accès aux crédits vise à combattre  l’inflation galopante dans la zone Cemac.

Enfin, le président du CPM, Abbas Mahamat Tolli, s’est félicité de la progression des réserves en devises de 14,6 % (7 850,8 milliards FCFA) à fin 2023, correspondant à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 78,5 % contre 73,1 % en décembre 2022 et des réserves d’importations de biens et services de 5,23 mois en 2023 contre 4,94 en 2022. « Il y a une consolidation des réserves de change qui s’est observée. Cela s’explique par le fait que les pays membres de la sous-région commencent à payer leurs dettes suite aux initiatives de suspension de service de la dette… », a-t-il expliqué.