Adou Danga le symbole des délestages au Congo

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La fourniture de l’électricité dans les ménages est devenue un vrai chaos ! Pas un Congolais habitant Brazzaville et Pointe-Noire ne finit les 24 heures de la journée sans se plaindre de la fourniture défectueuse et dérisoire de l’électricité. A chaque coupure intempestive d’électricité, la population entonne une chorale identique : eeeeeeeh ! Le même chant revient au rétablissement du courant.

Jean Buron Adou Danga est le directeur général de cette société. Congolais, il écoute forcément chaque jour ces cris d’enfants, mais de plus en plus d’adultes aussi. Malgré ses déclarations de foi, il n’y a aucun changement sur le terrain. Donc, il ne fait rien.

Chaque soir, lors de la diffusion des grands matchs, notamment ceux de la Ligue des champions européenne (REAL – Chelsea ou PSG-Manchester City), des foules de fans de foot bouchent des rues pour suivre devant un petit écran fourni par un bienfaiteur du quartier. Des scènes d’un autre siècle où la télévision arrivait en Afrique noire! Tous les abonnés se plaignent, le service n’est pas bon, la société n’est pas à la hauteur.

La fourniture de l’électricité n’était déjà pas bonne depuis des années à Brazzaville et à Pointe-Noire. Ces deux principalement villes sont servies à 45% en énergie. Dans les villes secondaires comme Dolisie, Nkayi ou Ouesso, le service est rempli à 15%. Les autres localités ne reçoivent que 5% du courant de E2C.Ce service défaillant et chaotique est pourtant connu par E2C elle-même, dans ses statistiques.

Les patrons de petites et de très petites entreprises (restaurants, ateliers de soudure, de menuiserie, couture ou de coiffure, les vulcanisations, les débits de boissons ou les vendeurs de sucettes ou de crème) broient du noir et payent le plus gros prix. Et pourtant dans ses promesses de tous les jours, le gouvernement veut ramener à 90% l’accès à l’électricité dans les deux grandes villes et à 50% dans les villes secondaires et les cités rurales! Mais, la desserte en énergie est devenue ces dernières semaines une vraie calamité. L’obscurité est de plus en plus présente dans les quartiers populaires.

C’est une gêne pour une société moderne où on ne peut vivre sans lumière, ni télé ou radio, avec des téléphones déchargés. Nichés dans leurs villas huppées, les dignitaires de la République ne vivent pas la même situation. Ils sont alimentés par leur groupe électrogène de grosse capacité. Tant pis pour le bruit vrombissant envoyé chez les voisins qui sont dans le noir.

Tous les jours, la société d’énergie E2C reçoit les injures et les mauvais propos de ses clients. Les agents de terrain sont parfois pris à parti lors des campagnes de distribution des factures. Mais, elle ne s’améliore pas! Le gouvernement non plus ne sévit pas contre les dirigeants de cette société.

Et c’est bien pourtant à raison! Les autorités n’ont pas été capables en 5 ans de mener profondément les réformes de la SNE, elles se sont précitées à créer en 2018 une E2C, une vraie coquille vide, sans moyens financiers et techniques réels. C’est plutôt un conglomérat d’intérêts dont la priorité n’est pas forcément de satisfaire la clientèle.

Comme par hasard, la situation s’est empirée depuis le raccordement en février 2020 de la centrale électrique du Congo construite par la société ENI au réseau national. Pointe-Noire serait alors la galère de toute cette situation déconcertante dans le pays.

D’après les annonces faites par les autorités et les responsables de cette centrale située à Ngoyo, à Pointe-Noire, sa capacité de production passait de 314 à 484 mégawatts. Un gain important pour voir diminuer les délestages. Au contraire, c’est le taux de l’obscurité qui s’est ajoutée, et gravement! Plusieurs techniciens et observateurs estiment que la nouvelle unité de production d’énergie tant vantée n’a finalement été qu’un poison dans le réseau national. E2C : votre obscurité, c’est notre priorité !

@Arsène SEVERIN