Littérature : Décès en France du professeur Dominique Ngoïe-Ngalla

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Le professeur Dominique Ngoïe-Ngalla s’est éteint le samedi 17 octobre 2020 peu avant minuit, à l’Hôpital de Melun en France. L’homme de Lettres y était admis pour des problèmes récurrents de santé.

Dominique Ngoïe-Ngalla n’est plus ! Ainsi qu’il l’avait écrit, de nombreuses années auparavant dans sa « Prière pour être enterré à Mandou », « la nuit est descendue sur ses paupières closes à jamais ».




C’est donc loin du Congo, à Melun en Seine et Marne, que le professeur Ngoïe-Ngalla a choisi de partir pour l’au-delà, une éventualité qu’il prophétisait déjà, telle une « élégie d’arrière pays », en demandant à Dieu de permettre qu’il prenne son « repos parmi les ruines de Mandou déserté par ses fils oublieux ». Sans doute, la Muse de sa noble création littéraire l’avait-elle averti de ce qu’il trouverait la mort loin de sa terre natale et surtout de son berceau de Mandou.

Les Muses, Dominique Ngoïe-Ngalla en était peuplé. Elles l’ont de tout temps visité, pour lui permettre de produire une œuvre littéraire dont la profondeur de la thématique et l’interpellation de l’Humain, faisaient de lui, un trait d’union entre les Dieux et les Hommes.

Nombre des ses écrits renvoient à Dieu, dans cette relation existentielle dont on ne saurait se départir. « Au royaume du Loango, les athlètes de Dieu », « L’Évangile au cœur de l’Afrique des Ethnies dans le temps court » en sont de parfaits témoignages.

Homme affable, toujours souriant et d’une modestie dont le rapport avec l’autre rompait les clivages que la sommité intellectuelle qu’il incarnait pouvaient créer, Dominique Ngoïe-Ngalla prenait et vivait la vie avec philosophie, dans une simplicité transcendantale qui forçait l’admiration.




« Moi, ministre ? Non, mon ministère c’est la faculté », disait-il, récusant certaines sollicitations politiques qui auraient pu changer le cours de sa vie, tant il était convaincu que son devoir vis-à-vis de la postérité, était d’apporter le savoir et la connaissance à ces étudiants qui par lui, se sont ouverts les yeux sur un monde que depuis, ils ont regardé différemment et pour lequel ils s’investissent au quotidien.

En avance sur son temps, alors que personne n’évoquait encore la condition des peuples dits autochtones, Dominique Ngoïe-Ngalla rédigeait sa « Lettre d’un Pygmée à un Bantou : tous frères en humanité ».

Préfacier de plusieurs ouvrages à travers le continent, Dominique Ngoïe-Ngalla se disait un homme du Monde.

Pour le monde culturel et au delà, un grand Baobab s’est couché. Heureusement, pour cette bibliothèque qu’il représentait et qui brule, Dominique Ngoïe-Ngalla a su de son vivant, mettre à l’abri nombre d’ouvrages, à travers ses étudiants qui furent entre autres, sa raison de vivre, depuis, entrés dans la vie active, en qui continueront de germer les idées d’un Homme qui a vécu sa vie avec Humanité.

En certains de ses étudiants, ces idées ont pris corps et ils les expriment déjà avec brio.

Né en 1943 à Kimbembé, Dominique Ngoïe-Ngalla qui referme l’ouvrage de sa vie à 77 ans, alliait Histoire et Philosophie, tels des supports dialectiques, de formation et de transformation de l’Humain. Il était titulaire d’un doctorat de 3e cycle d’Histoire de l’Université de Bordeaux ainsi que d’un doctorat ès Lettres obtenu à Paris-Sorbonne. Il a enseigné à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville.

Dominique Ngoïe Ngalla était connu comme le professeur d’histoire et de latin.

Outre sa famille qui déjà s’y emploie, puissent les autorités de son pays le Congo, dont il portait le rayonnement par delà les frontières nationales, s’impliquer à réaliser sa dernière volonté, longtemps exprimée comme une prière : « être enterré à Mandou ».

Adieu Professeur Ngoïe-Ngalla. Les humbles fleurs de champs de Mandou attendent de fleurir ton tertre fatal.

Avec lesechos-congobrazza.com