L’Enam-B pratique du tribalisme idiot dans la formation des hauts cadres

0
999




EXPOSÉ DES FAITS : DE LA RÉCEPTION DES DOSSIERS DE CANDIDATURE, EN PASSANT PAR LE DÉROULEMENT DES ÉPREUVES, A LA DÉLIBÉRATION DU CONCOURS DE L’ENAM SESSION D’OCTOBRE 2019

Voici deux années consécutives que les concours de l’ENAM attirent l’attention de beaucoup d’observateurs. En effet, les pratiques liées à l’organisation de ces concours deviennent de plus en plus curieuses depuis que le rectorat est à la manœuvre du début à la fin de ces concours.

1. De la réception des dossiers de candidature :
Il est assez curieux de remarquer que jusqu’à la veille au soir de la date des épreuves, la scolarité reçoit encore des dossiers de candidature, quitte à se demander à quel moment ces dossiers sont vérifiés et authentifiés ? Certaines mauvaises langues diront que ce désordre sinon ce chaos est peut-être voulu, pour laisser la possibilité à certains faussaires d’échapper aux contrôles si tant est qu’il y ait effectivement des contrôles. D’ailleurs, deux admis au concours de la magistrature 2018 avaient été déclarés par note administrative comme étant des faussaires, mais comme si de rien n’était, quelques semaines après, ils ont été réhabilités et réinsérés parmi les admis sans une seule note administrative. Et comment, dans ces conditions, l’ENAM peut-elle continuer à se targuer d’être une école d’administration ?

Aussi, dans ce même désordre, il est arrivé plus d’une fois que certains candidats soient déclarés admis sans diplôme requis, ou encore admis au cycle I pour prétendre, après la publication des résultats, avoir concouru pour le cycle III. Comment est-ce possible ? Si cela peut arriver, il n’est donc peut-être pas exclu qu’un candidat ayant concouru pour le cycle I soit déclaré admis au cycle III !




2. Du déroulement des épreuves :
Les concours de l’ENAM perdent en crédibilité pour plusieurs raisons :

 D’abord, parce que les épreuves se déroulent dans des conditions non optimales : c’est un secret pour personne, d’apprendre que la phase des épreuves est un moment, pour les surveillants, de se remplir les poches. Les surveillants étant choisis on ne sait pas tellement par quels mécanismes, la moralité de certains serait assez douteuse. Plutôt que de surveiller les candidats, certains sont là à surveiller les allées et venues des membres de la coordination, moyennant quelques billets collectés par certains candidats qui préfèrent la solution de facilité ;

 Ensuite, parce que la souveraineté du jury peut dans certains cas poser question : en effet, sous prétexte que l’ENAM doit remplir ses salles de classes, selon la volonté du rectorat (en raison de la manne financière que représentent les droits d’inscription), les quotas arrêtés par les ministères poussent quelquefois le jury à faire admettre certains candidats ayant obtenus des moyennes très faibles. Et, il ne faut pas s’étonner que l’ENAM accueille de plus en plus des élèves médiocres ;

 Enfin, une soi-disant innovation cette année 2019 : les codes pour chaque candidat et pour chaque épreuve. N’étant pas des codes à barres ou des codes QR que seule une machine peut déchiffrer, chacun des candidats pouvait noter sur un bout de papier les quelques lettres et quelques chiffres composant son code, et pour peu qu’il rentre en contact avec un correcteur complaisant voire corrompu, la probabilité est forte que sa note ne reflète pas son niveau. Peut-on encore parler d’anonymat dans ces conditions ?




3. De la délibération du concours :
Pour cette année 2019, la délibération du concours aurait débuté par un désaccord, ce qui aurait donné lieu à quelques reports. En effet, il y aurait eu un quiproquo entre le Président du jury (actuel directeur de l’ENSP) et le Coordonnateur (actuel directeur de la Coopération). Ce malentendu porterait sur les quotas qui avaient été augmentés à quelques heures du concours, par certains ministères. C’est le cas du ministère de la justice, pour ne prendre que cet exemple, qui a fait passer le quota de la filière magistrature de 50 à 60, sans pour autant que la note signée par le ministre de l’enseignement supérieur qui ouvre le concours de l’ENAM avec les quotas (anciens) ne soit modifiée. Le coordonnateur n’étant pas d’accord pour commencer la délibération sans la nouvelle note signée du ministre de l’enseignement supérieur. Le jury devrait se retrouver donc un vendredi pour délibérer, aurait dans un premier temps décidé de se retrouver le samedi, puis finalement le lundi.

Quelques indiscrétions de cette délibération laissent entendre des discussions assez tendues entre le Président du jury et certains membres du jury à propos des moyennes des admis de la filière magistrature notamment. A noter que la délibération se fait maintenant sur la base des moyennes obtenues par les candidats, celles-ci étant présentées par ordre de mérite avant d’y affecter les noms correspondants. Toutefois, les moyennes des admis de la filière magistrature auraient retenu l’attention de certains membres du jury a-t-on appris : nombreux des admis auraient obtenu plus de 17 de moyenne générale. D’ailleurs, le premier des admis frôlerait les 18 de moyenne sur 20, et le dernier des admis serait presque à 14 de moyenne générale sur 20. Connaissant le niveau des étudiants de la faculté de droit sans leur faire injure, le doute sur la réalité de ces moyennes aurait gagné certains membres du jury. Pour lever le doute sur le caractère fallacieux qu’inspirent ces moyennes, un des membres du jury aurait proposé la confrontation de ces moyennes avec un échantillon de copies. Il aurait reçu une fin de non-recevoir, et du Président et du Coordonnateur. Il lui aurait d’ailleurs été rétorqué que la délibération pouvait se poursuivre sans son avis.

Après ce débat, le jury se serait rendu à la scolarité centrale pour associer ces moyennes à des noms correspondants. Et tout cela se serait passé devant tous les membres du jury, à en croire certains agents de la scolarité. Ce qui peut susciter la curiosité, c’est de voir qu’à la délibération les moyennes sont classées par ordre de mérite, mais à l’impression l’ordinateur ne « sait » plus donner l’ordre de mérité, mais il « sait » tout de même donner l’ordre alphabétique ! Ce manège cacherait certainement beaucoup de choses. Et tant que l’organisation de ces concours ne reviendra pas à l’ENAM, il est fort probable que l’histoire se répète et certainement de mal en pis.

PEM