Le Sénat approuve la création de deux nouveaux hôpitaux généraux

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Les sénateurs ont adopté, le 17 décembre, les projets de lois portant création des hôpitaux généraux de Djiri, à Brazzaville, et celui de Ngoyo, à Pointe-Noire, portant ainsi à dix le nombre de cette catégorie d’infrastructures sanitaires dans le pays.

Le gouvernement justifie la création des nouveaux hôpitaux par sa volonté de renforcer l’offre de santé, la fourniture des soins humanisés de qualité et la résolution de la sempiternelle question d’évacuations sanitaires à l’étranger. Cette action s’inscrit dans le cadre de la construction et l’équipement des douze hôpitaux généraux répartis sur l’ensemble du territoire national et un hôpital d’instruction des armées à Brazzaville.

Les hôpitaux de Djiri, dans le 9e arrondissement de Brazzaville, et Ngoyo, dans le 6e arrondissement de Pointe-Noire, viennent porter à dix le nombre des hôpitaux généraux en République du Congo. Ceci après le Centre hospitalier et universitaire de Brazzaville (CHU-B), l’hôpital spécialisé Mère et enfant Blanche-Gomez, l’hôpital central des armées Pierre- Mobengo ; Loandjili et Adolphe-Sicé à Pointe-Noire ; 31-juillet d’Owando et Edith-Lucie-Bongo-Ondimba d’Oyo, dans la Cuvette ; l’hôpital général de Dolisie, dans le Niari. 

Insuffisance de spécialistes à l’hôpital général d’Oyo

De ces dix hôpitaux généraux, seuls cinq se démarquent des autres par rapport à la nature et à la qualité des soins spécialisés offerts par rapport à leur statut. Il s’agit, entre autres, du CHU-B, de Blanche-Gomez, de Loandjili et de l’hôpital central des armées.

Selon le ministre de la Santé et de la Population, Gilbert Mokoki, qui a défendu les deux textes devant la chambre haute du Parlement, de toutes ces structures sanitaires, seuls les hôpitaux Edith-Lucie-Bongo-Ondimba et Blanche-Gomez disposent d’un plateau technique à la hauteur de leur statut.  Malheureusement, l’hôpital général d’Oyo est confronté au problème d’insuffisance des spécialistes (médecins et infirmiers). « Les spécialités sensibles comme la dialyse, l’IRM, le scanner, la neurochirurgie, la géo cardiographie ne sont pas encore disponibles dans les sept hôpitaux en dehors de l’hôpital Edith-Lucie-Bongo-Ondimba », a-t-il annoncé. Il a rappelé que les services offerts par les hôpitaux 31-juillet d’Owando, de Dolisie et Adolphe-Sicé de Pointe-Noire ne diffèrent presque pas des soins administrés dans les hôpitaux de base.

Des faiblesses à corriger

A l’issue de la revue réalisée après l’élaboration du Programme national de développement 2018-2022, il a été identifié plusieurs faiblesses dans le système sanitaire congolais. La gouvernance et le management ; l’indisponibilité des spécialistes ; la non-maîtrise des recettes ; la multiplicité des centrales syndicales ; la pléthore en personnel paramédical ; l’absence des projets d’établissement ; l’organisation et le fonctionnement déficitaires des services d’accueil et d’urgence. Il s’agit aussi des plateaux techniques obsolètes surtout en ce qui concerne l’imagerie médicale ; les laboratoires et la réanimation ; le faible taux de décaissement des allocations budgétaires ; la mauvaise gestion des déchets solides et liquides et l’hygiène hospitalière précaire ; le manque de dispositif efficace de gestion et d’élimination des déchets solides et liquides ; le mauvais approvisionnement en eau ; la rupture fréquente des médicaments…

Difficultés dans la gestion et la prévisibilité des ressources humaines

L’absence du plateau de développement des ressources humaines explique en partie les difficultés dans la gestion et la prévisibilité des ressources humaines. Conscient de cette réalité, le ministère de la Santé et de la Population a procédé, au cours de ces deux dernières années, à la production des annuaires statistiques et la carte sanitaire.

Les résultats révèlent que le Congo comptait, en 2018, 8 274 personnels soignants dont 469 médecins, 5395 infirmiers et 2410 sages-femmes pour une population de plus de 5 millions d’habitants. Le ratio étant d’un médecin pour 10 281 habitants, un infirmier pour 894 habitants ; une sage-femme pour 7 000 femmes en âge de procréer. Ce qui n’est pas loin des normes de l’Organisation mondiale de la santé qui sont d’un un médecin pour dix mille habitants ; un infirmier pour dix mille habitants et une sage-femme pour sept mille femmes en âge de procréer.

Pointe-Noire, seul département disposant d’un nombre suffisant de personnel

D’après le gouvernement, la répartition du personnel présente des disparités entre département et entre milieu urbain et le milieu rural. En effet, seul le département de Pointe-Noire dispose d’un nombre suffisant de personnel de santé par habitant. Le reste des onze départements souffre d’une insuffisance décisive en ressources humaines de santé.