Le cas Général Mokoko divise le pouvoir de Brazzaville

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Admis à l’hôpital central des Armées Pierre Mobengo de Brazzaville, Jean-Marie Michel Mokoko pourrait-il bénéficier d’une autorisation du gouvernement congolais et d’un visa humanitaire pour aller se faire soigner à l’étranger?




Difficile de savoir de quoi souffre exactement le général Jean-Marie Michel Mokoko, admis à l’hôpital central des Armées Pierre Mobengo depuis le 02 juillet dernier.
Un jour pair, une source médicale proche de sa famille évoque un contrôle positif au coronavirus auquel il faut ajouter d’autres pathologies( crise de paludisme, d’hypertension artérielle…). « En rapport avec le coronavirus, le général Mokoko est encore un patient asymptomatique », précise t-elle.




Un jour impair, Norbert Tricaud, l’avocat parisien de JMMM, se fend d’un communiqué qui pue abondamment des fake news. « …Les médecins angolais ont constaté hier que l’ancien candidat à l’élection présidentielle du 20 mars 2016 est en réalité victime d’une forte crise de paludisme… », indique le communiqué de maître Nobert Tricaud qui, par ailleurs, parle de « faux tests au coronavirus ». D’où tient-il ces informations totalement fausses? S’interroge t-on dans des millieux proches du général Mokoko à Brazzaville.
Il n’en fallait pas plus pour que maître Tricaud soit recadré par maîtres Jean-Philippe Esseau, Christian Eric Locko, Yves Eric Ibouanga, Jessica Pinelle et Etienne Arnaud, ses collègues de Brazzaville, mieux au fait de la situation de leur client.
Surprises, les autorités angolaises ont dû sortir de leur réserve diplomatique pour apporter un démenti formel à une partie de ce communiqué.




« Cette cacophonie dans la communication des conseils de Jean-Marie Michel Mokoko est une perte de temps unitile », fait remarquer un membre de la famille de Mokoko. » L’ urgence est la nécessité de sauver un patient qui, compte tenu des insuffisances de notre système de santé, devrait être évacué en France pour recouvrer sa santé « , indique un médecin.
Dans l’état-major du PCT au pouvoir, le cas Mokoko aurait fait l’objet d’une réflexion sur la stratégie à adopter. À en croire une missive, en circulation sur le net, authentifiée par nos soins, des « frères de lumière », en guise de solidarité au « frère Mokoko », ont évoqué une « évacuation humanitaire ». Des réflexions qui, semble t-il, tiennent compte de l’évolution de l’état de santé du patient.
Au niveau international, Félix Tshisekedi, Guillaume Soro, Faure Eyadema, Laurenço, Kabore…auraient joint Brazzaville, par téléphone, pour tenter de plaider la cause de Mokoko, croit savoir un confrère bien introduit dans les palais présidentiels africains.
 » Si la situation sanitaire de Mokoko est en nette amélioration comme nous l’apprenons de sources hospitalières, y a-t-il vraiment urgence à l’évacuer « ? S’interroge, sous couvert d’anonymat, une source politique autorisée. « À moins que l’on veuille organiser sa fuite à la Boukadia », ajoute t-elle. Aucune source indépendante ne confirme cependant que l’état de santé de Mokoko s’améliore.




En effet, les autorités congolaises craignent que Mokoko profite d’une évacuation sanitaire pour se soustraire de l’exécution de sa peine de prison. Un précédent.
Le 17 août 2017, Modeste Boukadia, président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo(CDRC), condamné à 30 ans de travaux forcés pour  » atteinte à la sécurité intérieure de l’État « , avait été évacué, dans des conditions similaires, en France.
« Depuis qu’il a recouvré sans santé, Modeste Boukadia a retrouvé son activisme politique, à partir de Paris, contre le pouvoir de Brazzaville », précise un dignitaire du pouvoir de Brazzaville.
Si Mokoko qui avait toutes les possibilités de prendre le large, peu avant ses ennuis judiciaires, a préféré se soumettre à la justice de son pays, est-ce après ses soins médicaux en France, qu’il refusera de revenir purger sa peine au Congo? S’interrogent les proche du général Mokoko.
Une chose est certaine, de la manière dont sera géré le cas Jean-Marie Michel Mokoko pour que le pire soit évité, seront jugées à l’international les autorités congolaises.