Le pouvoir burkinabè ordonne l’expulsion de l’attaché militaire de l’ambassade de France

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C’est une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre les deux gouvernements. 

C’est par un courrier officiel daté du jeudi 14 septembre que les autorités de transition burkinabè ont annoncé l’expulsion du colonel Emmanuel Pasquier, l’attaché militaire de l’ambassade de France. La lettre indique que le gouvernement de Ouagadougou a décidé de lui retirer son agrément et qu’il a donc, ainsi que son équipe, un délai de deux semaines pour quitter le territoire du Burkina Faso.

Le texte accuse l’attaché militaire français d’« activités subversives », sans donner plus d’explication. Il annonce également la fermeture de la mission militaire burkinabè à Paris à compter du 14 septembre. Une porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a qualifié l’accusation d’activités subversives de « fantaisiste ». Selon une source diplomatique à Ouagadougou, le colonel Emmanuel Pasquier était d’ailleurs en fin de séjour au Burkina Faso. « La France aurait même déjà proposé son remplaçant, sans recevoir de réponse de la partie burkinabè », souligne notre source. 

Enfin, dans une interview accordée à  un journal privé en ligne, le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration, dénonce un projet de « déstabilisation » de la transition, avec la complicité « certaines chancelleries étrangères », sans les citer, promettant des mesures dans les heures ou jours à venir.

Cette décision d’expulsion est une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre Paris et Ouagadougou. En mars, le Burkina avait déjà dénoncé les accords militaires conclus avec la France, quelques semaines après avoir exigé le retrait de la force française Sabre de son territoire. Le gouvernement a également demandé le départ définitif de tous les personnels militaires français en service dans les administrations militaires burkinabè.