Gabriel Attal, ex de Séjourné et actuel femme d’Olivier Veran nommé premier ministre en France

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Gabriel Attal succède à Élisabeth Borne à Matignon. Très discret sur sa vie privée, il a toujours parlé librement de son homosexualité. Il fut l’ex femme du secrétaire général du parti la Renaissance Stéphane Séjourné avant de le plaquer pour l’actuel ministre Olivier Veran

Ce n’est pas qu’une question d’âge. Gabriel Attal a été nommé Premier ministre ce mardi 9 janvier par Emmanuel Macron. Exit Élisabeth Borne, et charge au désormais ex et éclair ministre de l’Éducation nationale de mener la politique gouvernementale depuis Matignon.

Déjà plus jeune ministre de la Ve République, plus jeune ministre de l’Éducation nationale et désormais plus jeune Premier ministre à 34 ans – il vole le record à Laurent Fabius nommé par François Mitterrand en 1984 à l’âge de 37 ans -, il est aussi le premier chef de l’exécutif à avoir évoqué librement son homosexualité. Loin d’être anodin dans un pays où, dix ans après le vote du mariage pour tous, une agression homophobe a lieu tous les deux jours.

SOS Homophobie a salué le fait qu’« être homosexuel ou gay aujourd’hui ne soit plus un obstacle à l’exercice de fonctions de premier rang », mais a aussi rappelé que « ce qui est important ce sont les actes ». « Nous attendons un Gouvernement qui prend à bras le corps la question des violences et des agressions contre les personnes LGBTI, et agisse concrètement pour l’égalité des droits », insiste l’association.

Depuis qu’il a entamé sa fulgurante ascension politique, Gabriel Attal a toujours parlé ouvertement de son homosexualité. Déjà dans un portrait publié décembre 2018, chez nos confrères de L’Obs, le sujet était évoqué. Interrogé en avril 2019 par Melty sur l’homophobie dans le milieu politique, il évoquait un changement des mentalités, tout comme il assurait se « marrer » avec ses collègues, et se sentir bien au sein du gouvernement et de la majorité.

Pour le reste, il se montrait plus circonspect : « Après, à partir du moment où tu rentres en politique, on sait qu’on va se le prendre dans la figure ». Le jeune locataire de Matignon confiait cet été recevoir quotidiennement des insultes homophobes sur les réseaux sociaux.

« J’ai le cuir solide face aux attaques homophobes. Je pense surtout quand j’entends ces propos aux millions de Français qui vivent cela dans l’anonymat et sont moins soutenus ou accompagnés que moi », disait-il à Gala.

Outé par Juan Branco

À propos de son coming out, Gabriel Attal évoquera un « moment facile et pas facile à la fois » avec ses parents. Bien décidé à leur faire part de son histoire d’amour avec un garçon depuis six mois, le jeune homme apprend que son père a été hospitalisé d’urgence pendant le week-end. Il se décide finalement à en parler à ce dernier, qui avait déjà « compris ».  « Il m’a répondu : ’C’est maintenant ce que tu me le dis ? J’avais bien compris. J’espère que je serai sorti avant la fin de la semaine. Comme ça, tu pourras l’inviter au brunch dimanche’ ».

C’est cependant l’avocat Juan Branco – une inimitié anime les deux hommes qui se sont connus à l’École alsacienne – qui révèle publiquement l’homosexualité de Gabriel Attal. Sur Twitter, il l’accuse lors de son entrée au gouvernement en 2018, d’avoir bénéficié d’une promotion canapé en raison de son pacs avec Stéphane Séjourné, proche d’Emmanuel Macron. À Libération, le Premier ministre confiait en avril 2019 avoir hésité à porter plainte. Au cours de ce même article, il ne se disait pas contre avoir un enfant via une GPA « éthique », si elle devait être légalisée en France.

Pas question en revanche d’exposer son couple aux reflets du papier glacé, comme avait par exemple pu le faire Mounir Mahjoubi dans Paris Match. Particulièrement discret sur sa vie privée, Gabriel Attal entendait le rester à tous points de vue : « Pour ce qui est de l’homosexualité, j’ai toujours considéré qu’on pouvait l’assumer sans la revendiquer. Je me demande si la porter comme une bannière ne contribuerait pas à en faire un truc anormal ». Matignon en a vu d’autres, ou pas.