Décès de Bokamba Yangouma l’un des pères la démocratie





Le coordinateur des partis du centre du Congo-Brazzaville, Jean-Michel Bokamba Yangouma s’est éteint mardi. Il dirigea la centrale syndicale qui déclencha la rupture avec le monopartisme dans les années 1990.

Si l’information n’est pas encore officiellement confirmée, des médias locaux lient tout de même ce décès au nouveau coronavirus. Et selon Marion Madzimba Ehouango, un acteur politique, Bokamba a été inhumé ce mercredi à Brazzaville, la capitale.




Depuis la déclaration d’un premier cas en mi-mars dernier, la pandémie a atteint 1 087 personnes dont 456 guérisons et 37 décès.

 Mais quelle que soit la cause de son décès, Jean-Michel Bokamba Yangouma natif de Mossaka dans la région de Cuvette au nord, est loin de s’effacer des mémoires des Congolais. Du moins des témoins de l’histoire congolaise du siècle dernier.

Nous sommes en 1990. La tempête provoquée par le vent de la perestroïka fait vaciller des partis uniques au pouvoir, les uns après les autres sur toute l’Afrique ou presque. Le Congo-Brazzaville, à l‘époque, pays marxiste-lénisite n‘échappe pas à cette historique mutation.

Et l’arme de destruction du Parti congolais du travail (PCT, ex parti unique) : la toute-puissante Confédération syndicale congolaise (CSC), l’unique centrale syndicale créée et autorisée par le système calqué à la perfection sur l’idéologie marxiste-léniniste.




Secrétaire général de la CSC de 1974 à1992, Bokamba Yangouma appelle les travailleurs à descendre dans la rue pour réclamer entre autres, les meilleures conditions de travail dans un contexte de grave crise économique survenue au lendemain de la dégringolade des cours du pétrole. Et le pays sortait d’un boom pétrolier qui aura permis de le doter de 1982 à 1986, de plusieurs infrastructures dont le majestueux Palais des congrès de Brazzaville et la Tour Mayombe à Pointe-Noire.




Face à la dictature du contexte, Sassou-Nguesso convoque la conférence nationale. Ce qui sera le clap de fin du PCT et marquera le début du processus de démocratisation marqué par le vote d’une nouvelle constitution et l’organisation des premières élections pluralistes dont la présidentielle remportée en 1992 par Pascal Lissouba.

Mais si ce processus démocratisation a failli se transformer en mésaventure démocratique en raison de crises politiques et/ou guerres civiles (1993, 1997 et 1998), le fondateur du Mouvement général pour la construction du Congo (MGCC, parti du centre) aura laissé dans le psychisme des Congolais l’image d’une icône du syndicalisme, ainsi qu’en témoigne l’expression « faire le Bokamba ».