Congo: Le risque de non-paiement de la dette est désormais élevé, selon S&P Global Ratings

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L’agence de notation S&P Global Ratings a baissé la note sur la dette à court et long terme de la République du Congo. Cela risque de peser sur les négociations que le pays a entamées sur sa dette avec ses créanciers internationaux et ceux de la sous-région CEMAC.




S&P Global Ratings (anciennement Standard and Poor’s) a le 4 septembre 2020, dégradé la note souveraine de la République du Congo sur sa dette à court et à long terme, a pu constater l’Agence Ecofin.

Le pays bénéficiait déjà des notes B- et B avec des perspectives négatives. Cela représentait le niveau le plus bas des dettes spéculatives sur lesquelles s’accumulent des entraves à un remboursement sûr.

Désormais, on lui a affecté les notes CCC+ et C qui sont caractéristiques d’une dette à « risques élevés » de non-remboursement. « Après une forte contraction cette année, nous prévoyons que le pays restera en récession en 2021 alors que les dommages causés par la crise actuelle sur le secteur non pétrolier persistent et ne sont pas entièrement compensés par une légère augmentation de la production et des prix du pétrole », expliquent les analystes de S&P Global Ratings.




Cette nouvelle note rendra difficiles les discussions que le Congo mène actuellement avec ses créanciers commerciaux, aussi bien au niveau de la CEMAC que parmi les géants mondiaux du trading pétrolier. En décembre 2019, le FMI a suspendu des discussions en vue de la mise en œuvre d’un programme de réformes économiques, car il voulait avoir une idée précise de la dette due aux traders.




S&P Global Ratings est la deuxième agence de notation à qualifier la dette du Congo de risquée. Début juin 2020, Moody’s avait déjà dégradé la note du pays à ultra spéculative.

Pour s’en sortir, le gouvernement du président Sassou Nguesso devra renforcer la capacité à mobiliser des ressources en interne. Une voie de sortie très étroite, d’autant que l’élection présidentielle de 2021 est proche dans un pays où le calendrier politique rime souvent avec tensions sociales.