Pour la énième fois le régime de Brazzaville vient d’interdire de sortie Paulin Makaya du territoire national

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Pour la énième fois, le régime de Brazzaville vient d’interdire de sortie l’opposant Paulin Makaya, président du parti Unis pour le Congo (UPC), du territoire national congolais. Son passeport congolais vient même d’être confisqué.

Malade, très affaibli depuis plus de 3 ans d’incarcération arbitraire, le pouvoir de Brazzaville s’oppose à la sortie de Paulin Makaya afin de bénéficier des soins médicaux à l’étranger.

Depuis plusieurs mois le fils de Cécile Bouanga, paix à son âme, a une santé préoccupante.

Ayant une double nationalité, son épouse qui travaille et réside à Londres est allée le chercher pour l’emmener se faire soigner en Angleterre.

La police congolaise des frontières lui exige un visa de sotie du pays, alors qu’il a à la fois les passeports britannique et congolais.

Récemment, Raymond Zéphirin Mboulou, ministre congolais de l’Intérieur, avait déclaré que pour que Paulin Makaya sorte, il lui faut le passeport congolais. Et voilà qu’après l’avoir obtenu, arrivé à l’aéroport, la police lui a confisqué son passeport congolais.

Proche collaborateur de l’opposant historique, feu Bernard Kolélas, président fondateur du parti MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral), éphémère premier ministre pendant la guerre civile de 1997, Paulin Makaya est l’un des rares opposants, sinon le seul, à avoir refusé la main tendue du régime de Brazzaville.

D’autres proches du regretté Bernard Kolelas ont, eux, accepté de se rapprocher du pouvoir et de travailler avec le régime en place. Pour l’ancien directeur de cabinet de Bernard Kolelas, c’était niet.

D’une très grande intégrité, Paulin Makaya a su garder intacte sa virginité politique.

Il a fait face à des soldats armés sur la route de Madingou (sud) le 29 août 2015. Il est l’unique homme politique de l’opposition congolaise à avoir manifesté avec ses militants le 20 octobre 2015 contre le référendum.

Mis aux arrêts à 46 ans pour trouble à l’ordre public et pour avoir participé à une marche non autorisée contre le changement de la constitution du 20 janvier 2002, Paulin Makaya a été libéré à l’âge de 49 ans. Il a été condamné à payer un franc symbolique à l’Etat à titre de dommage et intérêt pour préjudice subi.

Le président de l’UPC était incarcéré depuis 2015, peu avant sa seconde inculpation.

Le 28 septembre 2018, l’opposant avait été interdit de voyager officiellement parce qu’il ne disposait pas d’une autorisation de sortir du Congo. Il a été empêché par la police des frontières d’embarquer à bord d’un vol Air France à destination de Paris puis du Royaume-Uni, dont il possède aussi la nationalité.

Paulin Makaya était rentré au Congo le 30 juillet 2014 après dix-sept (17) ans d’exil à Londres.