Paris : Sassou a-t-il demandé à Lekoundzou de continuer à garder le secret de la mort de Marien Ngouabi ?

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Il n’est pas un secret que les deux appartiennent au cercle restreint qui connaissent les contours de la mort de Marien Ngouabi ce 18 mars 1977. L’ancien ministre Lekoundzou qui est rentré en rébellion contre Sassou avait même affirmé que son décès sera suivi de celui de l’Empereur.

En marge du Forum pour la paix qui s’est tenu en fin de semaine à Paris, le président, Denis Sassou-Nguesso, a rendu visite à un grand malade dont on avait, abusivement, annoncé la mort, il y a quelques jours, son ancien patron de parti, Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba.

La visite a eu lieu, samedi, 13 novembre, à l’hôpital intercommunal de Gennevilliers, dans les Hauts de Seine, où séjourne, actuellement, l’ancien patron du PCT et non moins ancien ministre de la Défense, Justin Lekoundzou. Empoisonné par les bons soins de son patron (comme le disent les Congolais pas seulement opposants au régime), Justin se soigne en France depuis de très longues années, 2008, pour être très précis. Sans aucune assistance financière notable du régime de Brazzaville. Mais, du coup, voilà Sassou qui débarque dans la chambre de Justin pour lui traduire ses civilités et sa compassion. Qui a pu organiser une telle et indécente rencontre où Rodolphe Adada, l’ambassadeur du Congo en France apparaît sur la photo ?

Le ministre Lekoundzou (qui fut puissant dans tous les sens du terme) avait, un jour, déclaré à l’endroit de Sassou : « Si je meurs aujourd’hui, demain, Sassou meurt ». Le président congolais ayant peur de mourir (comme chacun sait alors que la vie des Congolais n’a aucune importance à ses yeux dans la mesure où il les tue comme les mouches), il a couru à la première occasion en France pour s’enquérir de ce que Lekoundzou était toujours en vie : leurs deux sorts ne sont-ils pas intimement liés ? Car on n’ose pas croire que d’ici quelques jours ou semaines, on va nous annoncer la mauvaise nouvelle.

Dans le numéro 364 du 16 au 31 mars 2013, Afrique Education avait publié un texte de sept pages signé Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba. Ce texte fut écrit, à Paris, le 3 novembre 2008. Voici un très court extrait de trois lignes : « Comme vous le savez certainement, déjà, je suis actuellement à l’étranger en train de recevoir des soins appropriés suite non pas à une maladie naturelle, mais à un empoisonnement avéré. D’aucuns se demandent qui est le véritable commanditaire de cet empoisonnement ? Comment cela est-il arrivé et pourquoi ? » (le reste dans le numéro 364 d’Afrique Education).

Les deux filles Lekoundzou et le président Sassou-Nguesso au chevet du malade.Les deux filles Lekoundzou, le chef de l’Etat, autour du malade, ce samedi, 13 novembre.

Pour être tout à fait équitable, nous avons reçu ceci : « La famille Lekoundzou très heureuse de la visite du président de la République, SE Denis Sassou-Nguesso à son frère Justin Lekoundzou ce samedi 13 novembre 2021, à Paris, lui adresse ses remerciements les plus sincères et toute sa gratitude pour tous les soutiens multiformes qu’il ne cesse d’apporter à l’égard de son frère. Que Dieu se souvienne de tous ses bienfaits » (fin du communiqué de la famille).

Afrique Education (le magazine préféré de Justin Lekoundzou Itihi Ossetoumba) souhaite un rétablissement progressif et solide du ministre. Il a droit à la vie comme tout un chacun !

( avec afriqueducation.com )