Les souvenirs de la musique congolaise : de l’orchestre Mando negro à Mando negro kwalakwa (2)

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Fondateur de l’orchestre Mando negro en 1960 et premier guitariste soliste congolais des Bantous de la capitale qu’il intégra en 1963, Mpassi Ngongo Mermans est le créateur du style mi-solo dans le répertoire de cet orchestre (utilisation de quatre guitares, solo, mi-solo, accompagnement et basse), une véritable innovation dans la musique des deux rives du fleuve Congo, et un système qu’adoptent peu à peu l’African fiesta national, l’OK jazz et autres ensembles musicaux.

Suite au départ de Mermans en 1963, l’orchestre Mando negro, sous les auspices de Sabou Batel, va évoluer et s’imposer dans le microcosme musical brazzavillois au regard de ses prestations dans les différents bars dancing de Ouenze et Moungali tels que Texaco bar, chez Dechango, VIS-à-vis bar, où affluent les ambianceurs et les « nguembos » amoureux de la bonne musique.

Au cours de l’année 1964, l’orchestre Mando negro effectue un voyage à Pointe-Noire. Son séjour dans cette ville durera plus de cinq ans, ses prestations à Samba bar, Joie du Congo, Total bar et autres lieux du plaisir font tabac. Pointe-Noire est dans l’effervescence. Un club constitué de jeunes premiers, d’ambianceurs, sapeurs et sportifs tous ressortissants de Brazzaville venus à Pointe-Noire à la recherche du bonheur créent un club dénommé Mavoula club Kwalalakwa, club qui excelle dans le sport et autres mondanités et qui accompagne et soutient l’orchestre Mando negro au plan promotionnel et événementiel. Ce club était composé de jeunes premiers tels que Patchely Ben, Biskotin Bikouta, Eric Malonga, Sam, Bavoueza, Charles Moussabeto, Coblet, Berlin, Dos Santos Fila, Robic…

Au fil du temps, l’orchestre Mando Negro devenu populaire prend de l’assurance et de l’expérience, enchantant le public pontenégrin et enchînant succès sur succès à l’instar des autres groupes musicaux qui occupent le paysage musical de la ville tels que l’African Mod Matata, African Negro Mokanda.

‘’Kwala’’ (au singulier) Makwala (au pluriel) est le nom d’un poisson de mer très populaire, à la portée de toutes les bourses et dont les Congolais en sont friands. « Kwalakwa  eh !eh ! » fut un cri synonyme de soutien et d’admiration que lançaient les musiciens de l’orchestre envers le club et vice-versa lors des concerts et autres retrouvailles, cri qui deviendra très populaire parmi les mélomanes et fans de l’orchestre, et d’où naîtra la nouvelle appellation de Mando negro Kwalakwa.

De retour à Brazzaville en 1970, l’orchestre Mando Negro Kwalakwa se produit au Bar Choisis, à côté du rond-point de Moungali (actuel site d’Eric pressing), bar qui ne désemplit pas pendant les week-ends.