Hommage : avril, mois de Papa Wemba

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Le dernier volet de ce dossier évoque la carrière internationale de l’artiste qui va se hisser durant la décennie 90 au top de la World musique africaine. Si ces années ouvrent la porte à une nouvelle dimension de collaboration, elles révèlent vers la fin, sinon au début des années 2000, quelques soucis de l’artiste avec la justice française. Un mauvais vent qui n’ôtera en rien, des années plus tard, la célébrité du « roi de la rumba congolaise ».

1986, Viva La Musica s’installe à Paris où Papa Wemba pourrait promouvoir pleinement son rêve de devenir un chanteur  de renommée  internationale. Son ami Francois Belorgey du centre culturel français le recommande à Jean François Paillard et Philippe Conrath tous deux producteurs.

Papa Wemba entame une série de concerts au Théâtre de la Ville, Théâtre Gerard Philipe et  à la Halle de la Villette. Grâce à l’intervention de Jack Lang alors ministre de la Culture, Papa Wemba et son groupe obtiendront des permis de séjour en France.

Au milieu des années 1990, il fait la connaissance de l’homme qui va donner un second souffle à sa carrière musicale, Peter Gabriel. Il assure la première partie de sa tournée américaine et européenne en 1993. Papa Wemba a alors beaucoup de succès en matière de world music, avec des titres comme Maria Valencia, Yolele, Sofélé.

Papa Wemba a signé un contrat solo avec Real World Records de Peter Gabriel. Depuis, il a réalisé trois albums Real World, Le Voyageur 1992, Emotion 1995 et l’album live Molokai 1998.

En 1995, l’album Emotion le révèle au rang des grandes figures de la world music : l’album est disque d’or aux États-Unis, avec plus de 500 000 exemplaires vendus. Deux ans plus tard, Papa Wemba est déclaré meilleure vedette africaine aux Kora 1997.

Parmi les autres projets collaboratifs de musique du monde, citons le single «So Why» de 1997 réalisé pour la Croix-Rouge internationale.  Papa Wemba et Molokai International ont  organisé des concerts-bénéfice pour des organisations telles que Médecins Sans Frontières, Rock Against Racism et une foule d’autres campagnes impliquées dans la lutte contre la dette du tiers-monde, la famine et d’autres problèmes fondamentaux tels que les maladies liées au VIH en Afrique.

En 1996, Papa Wemba décide de rentrer vivre à Kinshasa. Il a judicieusement retenu Viva La Musica à Paris en tant que groupe d’enregistrement et live pour ses fans basés en Europe, ainsi que Molokai international pour sa carrière solo mondiale.

De retour à Kinshasa, Papa Wemba crée alors un nouvel orchestre qu’il baptise Viva La Musica Nouvelle Ecriture.

L’album Molokaï, sorti en juin 1998, est le troisième album de Papa Wemba sur le label Real World.

En 2003, Papa Wemba est suspecté de se trouver au cœur d’une affaire de trafic de visas et d’aide à l’immigration clandestine, à travers ses tournées musicales entre son pays, la République démocratique du Congo, la France et la Belgique. Le 17 février 2003, il est interpellé à Paris et maintenu en détention pendant trois mois et demi. Le 16 novembre 2004, le tribunal correctionnel de Bobigny (France) le condamne à trente mois de prison, dont quatre fermes déjà purgés en 2003, et 10 000 € d’amende pour « aide au séjour irrégulier de clandestins sous couvert de ses activités musicales ».

Homme solidaire et bon « team player » durant sa longue carrière, Papa Wemba a collaboré avec Tabu Ley Rochereau et son groupe Afrisa, Martin Meissonier (producteur de King Sunny Adé et de Ray Lema), Peter Gabriel, Ray Lema, Manu Dibango, Koffi Olomidé, Youssou N’Dour, Pepe Kalle, le vieux Wendo Kolosoy, Lutumba Simaro, Kwamy Mussy, et ses vieux copains de Zaïko (Evoloko Jocker, Bozi Boziana, Efonge Gina, Mavuela Somo) les quatuors du Clan Langa Langa, Alpha Blondy, Aretha Franklin participe à l’album Emotion Fa Fa, Lokua Kanza, Angélique Kidjo, Salif Keïta, JB Mpiana, Singuila, Ophélie Winter, Manu Dibango, Jackson Babingui,Youssou N’dour et l’orchestre Aragon de Cuba.

Le « roi de la rumba congolaise » est décédé dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 avril 2016 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur la scène du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo à Abidjan (Femua), alors qu’il donnait un concert. Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba, de son vrai nom, restera incontestablement l’un des plus grands artistes africains de ces 50 dernières années.