France: quel est le sort des réfugiés afghans?

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Au lendemain de la prise de Kaboul par les talibans, le président français Emmanuel Macron déclarait suspendre tous les renvois des ressortissants afghans vers leur pays. Mais sur le terrain, cette volonté gouvernementale se s’applique-t-elle ?

Ne pas renvoyer de réfugiés vers l’Afghanistan n’empêche pas les autorités de prendre des mesures d’éloignement. C’est ce que soutient Gérard Sadik, membre de l’association de protection des réfugiés La Cimade. 

« Une bonne partie des Afghans qui sont en France, en fait, ont déjà déposé une demande d’asile ou sont entrés par un autre État et donc son application – ce que l’on appelle le règlement de Dublin, explique-t-il. Et il y a toujours des Afghans qui sont transférés vers d’autres pays européens comme l’Autriche ou la Roumanie, qui ont pris position avant la crise pour qu’on continue à renvoyer. Et donc lorsque les personnes ont déjà été rejetées dans ces pays, il y a un petit risque. Ce que l’on appelle un ricochet. » Ce risque étant que les pays en question renvoient directement les demandeurs d’asile en Afghanistan. 

Rétention administrative

D’autres réfugiés se sont vus refuser leur demande d’asile en France avant la crise. Ils pourraient être placés en centre de rétention administrative. 

« On a constaté qu’une personne avait été placée au centre de rétention de Rennes, la semaine dernière. Cette personne a été libérée depuis, mais juridiquement, il est possible de continuer les expulsions qui sont prévues », assure Gérard Sadik.

Au total, avant le début de la crise, 18 000 demandes d’asile effectuées par des Afghans étaient en cours. Pour la Cimade, ce nombre pourrait grossir si la communauté internationale ne définit pas de nouvelles règles les concernant et ne leur offre pas de protection.