Forte abstention, échec du RN, victoire des sortants: ce qu’il faut retenir du second tour des régionales

En France, alors que les sondages annonçaient le parti du Rassemblement national (RN) en bonne position dans plusieurs régions, ce sont principalement les présidents de région sortants qui ont été élus. Tout comme pour le premier tour, l’abstention pour ces élections régionales et départementales est extrêmement forte autour de 65%.

Aucune région n’est prise par le parti d’extrême droite Rassemblement national. En Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca), une des régions les plus observées, la liste menée par le président sortant Renaud Muselier du parti Les Républicains était en tête avec 56% des voix contre 44% pour la liste RN conduite par Thierry Mariani, à 72% de bulletins dépouillés. Au premier tour, le candidat du RN était pourtant en tête des élections avec 36,68%. C’est « la victoire de tous ceux qui ont voté aujourd’hui, souvent au-delà de leurs appartenances politique, idéologique », a affirmé Renaud Muselier, en référence au retrait de la liste d’union de la gauche en sa faveur.

C’est une déception pour le parti de la présidente du RN Marine le Pen, candidate à l’élection présidentielle, qui espérait faire de ce scrutin un tremplin vers l’Élysée.

Les sortants en tête dans toutes les régions

Dans les Hauts-de-France, Xavier Bertrand, le candidat de droite ex-LR obtient 52,37% contre 25,65% pour la liste RN de Sébastien Chenu. Dans son discours dès 20h, Xavier Bertrand a déclaré : « Le Front national a été arrêté et nous l’avons fait fortement reculer ». Le candidat déclaré à la présidentielle, Xavier Bertrand, s’est dit dimanche prêt à aller à « la rencontre de tous les Français » après sa large victoire, selon les estimations, au second tour des régionales. Malgré la défaite, Karima Delli la candidate de la gauche unie (EELV, PS, LFI, PCF, Génération.s) s’enorgueillit de faire revenir la gauche dans le conseil régional : « Les écologistes et la gauche sont de retour au conseil régional, après six ans d’absence, et vous verrez, cela va faire la différence ! ».

En Auvergne-Rhône-Alpes, le président sortant LR Laurent Wauquiez l’a emporté avec un score de l’ordre de 55,17%. Dans le Grand Est, c’est encore le sortant Jean Rottner (40,30%) qui remporte l’élection face à trois autres candidats. En Île-de-France, la sortante ex-LR Valérie Pécresse l’emporte alors que la gauche s’est unie face à elle. Elle obtient près de 45% des voix face à Julien Bayou (EELV/PS/PCF/LFI/Générations) qui obtient entre 32 et 33%, le RN Jordan Bardella entre 11,8 et 11,5%, et le LREM Laurent Saint-Martin entre 10,5 et 9,5%. La présidente de la région Ile-de-France a estimé dimanche qu’une « équipe de France de la droite et du centre a[vait] émergé dans les régions ». 

En Normandie, le sortant Hervé Morin a sans surprise remportée dimanche haut la main les élections régionales, devant la liste PS-EELV, le RN arrivant troisième. L’ancien ministre de la Défense est arrivé largement en tête de ce second tour avec 44,26% des voix, devant la liste PS-EELV (26,18%), le RN (19,52%) et la liste soutenue par LREM (10,04%).

Pas de majorité absolue pour Chesnais-Girard en Bretagne

La sortante PS Marie-Guite Dufay, alliée aux écologistes et aux communistes, s’est imposée au second tour en Bourgogne-Franche-Comté avec 42,20% des voix, loin devant le candidat LR Gilles Platret (24,23%). Le candidat du RN Julien Odoul arrive en troisième position avec 23,78% des voix, devant le LREM Denis Thuriot (9,71%). De son côté, le sortant PS Loïg Chesnais-Girard est vainqueur en Bretagne avec un résultat entre 29,84%. Mais il n’arrive pas à atteindre la majorité absolue alors qu’il avait face à lui quatre autres candidats. Dans cette quinquangulaire, la liste du président sortant devance celle de la LR Isabelle Le Callennec (21,98%), de la candidate écologiste Claire Desmares-Poirrier (20,22%), du LREM Thierry Burlot (14,75%) et du RN Gilles Pennelle (13,22%).

La gauche reste en tête aussi de plusieurs régions notamment dans le Centre-Val de Loire avec le sortant François Bonneau (38,53%), la sortante Carole Delga (57,77%) en Occitanie, Alain Rousset (39,51%) en Nouvelle-Aquitaine

Le président autonomiste sortant du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, l’a emporté dimanche au second tour des régionales avec 40,64% des voix, devant Laurent Marcangeli, le maire d’Ajaccio et tête d’une liste d’union de la droite (32,02%).

Et la Réunion fait exception puisque Huguette Bello, à la tête d’une liste d’union de gauche, a revendiqué sa victoire (51,85%) face au président de région sortant Didier Robert, en faisant la première région qui a basculé, même si le score reste serré. « Nous obtenons près de 51% des suffrages », a déclaré Mme Bello à l’antenne de Réunion la 1ère depuis la ville de Saint-Paul, dont elle est maire. Arrivée en deuxième position au premier tour des régionales le 20 juin (20,74%), derrière Didier Robert, avait fusionné sa liste avec celles de la maire PS de Saint-Denis, Ericka Bareigts, arrivée troisième (18,48%) et du divers gauche Patrick Lebreton (7,78%).

Une abstention toujours extrêmement forte

L’abstention record du premier tour des régionales et départementales se confirme au second dimanche, estimée autour de 65%. Selon les chiffres officiels, la participation des quelque 48 millions d’électeurs appelés aux urnes dimanche s’établissait à 17h à 27,89% en France métropolitaine, soit un point de plus qu’au premier tour (26,72%) et en chute libre par rapport aux régionales de décembre 2015 (50,54%) et aux départementales de mars 2015 (41,92%).

Une des seules exceptions est la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur où le duel était serré entre les deux candidats avec un rebond de deux points de participation au second tour. Le taux de participation s’est établi en Corse à 58,9%, en hausse de près de deux points par rapport au premier tour, et plus de 20 points supérieurs au taux national qui est estimé autour de 35%.