Drame d’Ornano: le président Denis Sassou N’Guesso réconforte les parents des victimes

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Partager la douleur, situer les responsabilités du drame au double plan administratif et judiciaire, poursuivre le recrutement des jeunes à Brazzaville en attribuant une place à chaque famille éprouvée ont été les points abordés par le président Denis Sassou N’Guesso lors de sa rencontre, le 29 novembre, avec les parents des victimes de la tragédie du stade d’Ornano, le 20 novembre dernier.    

Le président de la République a reçu dans l’après-midi du mercredi 29 novembre au Palais du peuple les familles des victimes du drame du stade d’Ornano au cours duquel 32 jeunes Congolais ont perdu la vie dans la nuit du 20 au 21 novembre, en marge des opérations de recrutement dans les Forces armées congolaises. La réception s’est déroulée en présence des membres de la cellule de crise dirigée par le Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso.

Emotion palpable

De noir vêtues pour la plupart, les familles comme l’assistance ont écouté attentivement le message du chef de l’Etat dans lequel, traversé par l’émotion, il a indiqué saisir le moment de cette rencontre pour à nouveau les réconforter après toutes les diligences apportées au nom de la nation aux parents touchés par cette tragédie : « Chers parents, j’ai voulu prendre contact directement avec vous pour vous témoigner à nouveau mon émotion, vous présenter mes condoléances et vous réconforter. Il s’est produit au stade d’Ornano la situation dramatique que nous connaissons avec la perte de nos enfants. Je voulais vous remercier parce que face à ce drame, vous avez adopté une attitude responsable ; votre attitude responsable que la nation entière salue et approuve ».

Poursuivant son propos cette fois en lingala, le président de la République a indiqué qu’il aurait dû pour la circonstance être accompagné par son épouse mais qu’elle est absente en raison du deuil qui les frappe tous les deux et leurs familles, à travers la disparition, en Afrique du Sud, du frère de la première dame dont le corps a été transféré à Kinshasa, en République démocratique du Congo.  

Situer les responsabilités

 « Merci pour le calme et la responsabilité dont vous faîtes preuve dans cette douloureuse épreuve », a poursuivi le président de la République, rappelant que des instructions sont données pour que les enquêtes en cours établissent des responsabilités sur les plans administratif et judiciaire et que des leçons soient tirées. Pour le chef de l’Etat, au niveau où sont ces enquêtes « des mesures administratives devraient être prononcées en attendant les conclusions de l’enquête judiciaire ». Le président a souligné que d’aucuns souhaitaient voir cette situation douloureuse dégénérer en troubles, et qu’il importe à tous, au contraire, de garder le calme. L’histoire de notre pays est marquée par des événements tragiques, mais il est important, a-t-il poursuivi, de préserver la quiétude que connaît le Congo ces dernières décennies.  

Surmonter la douleur

Le président de la République est enfin revenu sur les opérations de recrutement en déclarant qu’elles se poursuivront à Brazzaville comme cela se passe dans tout le pays. Il a fait une annonce aux familles : « J’ai donné des instructions au commandement pour que dans le cadre du recrutement qui va se faire à Brazzaville, qu’il soit attribué à chacune des familles éprouvées un poste pour un élément apte désigné par elle pour faire partie des contingents. Ce sera un témoignage, une image positive que nous garderons ». Il a demandé aux parents éplorés de s’armer de courage car en dépit de la douleur, a-t-il plaidé, « nous devons poursuivre la vie ». Il a pris l’exemple sur lui-même disant que comme parent, comme père, il connaît l’intensité de la douleur de perdre un enfant, un proche.

Le président de la République faisait allusion à la disparition de sa première fille, Edith, sans la citer, décédée en 2009, dans un moment tout particulier où en même temps, il devait mener une campagne électorale en vue de la présidentielle de cette année-là. « Je ne savais pas que j’allais pouvoir surmonter cette douleur », a-t-il déclaré. « Courage ! », a lancé le chef de l’Etat à ses hôtes avant de serrer la main de chacun des représentants des familles reçues.