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Retour des pluies à Brazzaville : à quoi s’en tenir ?

Répondant à un cycle naturel, la saison des pluies a succédé à une saison sèche qui semblait ne plus en finir à cause des chaleurs accablantes des après-midi et des fins de soirée. Pourtant, le retour de la pluie a été spectaculaire, presque irréel et s’annonce impitoyable pour la ville de Brazzaville qui ne se sera pas, une fois de plus, préparée à l’accueillir.

Après trois mois de saison sèche, de poussière et de moiteur, disons-le de suffocation, la saison des pluies qui s’annonçait en prodromes par des averses courtes, légères, fines aux impressions tactiles presque imperceptibles a laissé place à un ciel lourd le lundi matin, tellement sombre qu’on a cru que le soleil ne se lèverait pas ce jour-là.

Les écluses des cieux se sont ouvertes aux alentours de 07h15, déployant une pluie énervée, donnant l’impression de s’être trop longtemps retenue et qui avait pour seul objectif d’avaler Brazzaville.

Il a plu comme s’il s’agissait d’un règlement de comptes, il ne s’est même plus agi d’une pluie mais de tout un monde qui a atterri sur les têtes des lève-tôt de Brazzaville, élèves et travailleurs. Il a plu comme si Dieu lui-même voulait éprouver la résistance des os, de la chair et de la peau des Brazzavillois, et comme s’il voulait s’assurer lui-même de la solidité des marques de parapluie.

Au-delà de ce spectacle morsure-à-la-chair, il s’agissait peut-être aussi d’un spectacle mort-à-l’âme car la pluie à Brazzaville n’était malheureusement pas, par négligence, un signe de bénédiction et l’on se souviendra du drame de la saison des pluies dernière qui aura emporté plus d’une âme à Brazzaville.

Aux maux extrêmes s’ajoutent ceux réguliers et récurrents d’une saison de pluie à l’autre qui font que les populations des quartiers comme Casis, Simba pelle, Mayanga ne savent déjà plus depuis lundi  à quel saint se vouer, pour un nouveau cycle de maux qui auraient pu être prévenus. Quant aux travaux de la voirie du centre-ville entamés juste à l’orée de la saison des pluies, ne seront-ils pas entravés par l’arrivée de celles-ci ?

La grogne, elle, monte du côté du marché Total où les chauffeurs et contrôleurs de bus pataugent dans une boue qui rend l’accostage des clients délicat, difficile et parfois dangereux à cause du risque des glissades augmentées par les bousculades.

Antoine, chauffeur de bus de 52 ans, déplore l’insalubrité à laquelle nul ne devrait s’accoutumer et qui complique son labeur quotidien : “ Avant de commencer notre service, nous prenons soin de nos véhicules. Mais une fois qu’on arrive au Terminus de Total, tout est à refaire. Le directeur du marché Total, s’il y en a un, ou la mairie de Bacongo devrait vraiment se pencher sur cette situation. Si en une pluie, on a à faire à un tel spectacle, comment va -t-on faire au bout de dix pluies et jusqu’à la fin de la saison? “

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