Séraphin Ngoma obtient une mention très honorable pour sa thèse doctorale

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L’enseignant chercheur de l’Université Marien Ngouabi, M. Séraphin Ngoma, a obtenu, le 30 janvier à Brazzaville, une mention très honorable, avec la satisfaction du jury, à l’issue de la présentation de sa thèse doctorale sur «La communication pour le changement de comportement des populations face au Vih et au Sida en République du Congo : Cas de la commune de Sibiti».

«J’éprouve un sentiment de joie pour le couronnement d’un travail acharné et ardu. Pendant trois ans, j’ai pris la peine de plancher sur cette thèse qui a nécessité des recherches sur le terrain. C’est un travail à encourager. Le jury n’a pas hésité à l’apprécier, vu sa qualité et les outils scientifiques utilisés pour interpréter les résultats obtenus lors de mes investigations dans la localité de Sibiti», a déclaré l’impétrant.

Interrogé sur le choix de cette localité, il a fait savoir que le gouvernement avait effectué deux enquêtes dans cette localité et celles-ci ont toujours placé la ville de Sibiti à la tête du peloton des villes les plus infestées par le Vih/Sida au Congo.  Il a également fait savoir qu’il a travaillé à Sibiti et a observé le comportement de la population de cette ville, ce qui l’a poussé de revêtir les outils d’un chercheur pour voir comment faire  améliorer la situation.

M. Séraphin Ngoma

Pendant la soutenance de sa thèse, M. Ngoma a signifié qu’au cours de ses recherches, il a identifié trois comportements dans cette localité, à savoir la tolérance, la protection des rapports sexuels et l’acceptation du conseil pour le dépistage volontaire (Cdv).

En effet, au cours de ses enquêtes, il a remarqué que les populations connaissent les modes de transmission du Vih/Sida et tolérent les personnes vivant avec le Vih/Sida. 52% de femmes seraient prêtes à partager un repas avec un malade infecté du Vih/Sida.

S’agissant de la protection des rapports sexuels, M. Ngoma a relevé que 84%  de femmes ont déclaré avoir fait volontairement le dépistage, contre 86% pour les hommes. Les femmes interrogées ont avoué avoir déjà eu des rapports sexuels, mais protégés.

Sur l’acceptation du conseil de dépistage volontaire (Cdv), il a révélé que l’indice d’exposition aux activités de stratégie de communication montre 98% de femmes affirment que la méthode la plus sure pour se protéger du Vih/Sida est le préservatif, parce qu’elles ont participé aux différentes activités de communication sur la connaissance du statut sérologique. De même, il ressort que 60,5% de personnes ont été dépistés après avoir participé aux activités menées dans le cadre de la lutte contre le Vih/Sida.

Concernant la stratégie de communication, M. Ngoma a retenu plusieurs systèmes, parmi lesquels le système organisationnel et institutionnel, le système de santé, le système de société et le système familial. Lors de cette enquête, il s’est rendu compte que les parents échangeaient avec leurs enfants sur le Vih/Sida. Pour ce qui est de la santé, il y a eu des échanges d’informations entre les patients et les personnes qui vont se faire dépister.

Le système des organisationnel et institutionnel a mené des activités pour un changement de comportements. Le système de société a montré le rôle joué par les églises et les féticheurs dans la sensibilisation contre le Vih/Sida.

Par ailleurs, M. Ngoma a proposé des pistes de solutions. Pour lui, il est essentiel de repenser  la stratégie de communication en mettant l’accent sur l’engagement des personnes vivant avec le Vih/Sida, d’où la nécessité d’une communication plus engageante, afin de pouvoir vaincre cette pandémie. «Il  faut leur faire comprendre que la maladie existe encore et que même si la charge virale a baissé, ils ne doivent pas abandonner», a-t-il dit.

Intervenant à cette occasion, le directeur de thèse, M. Jean-Felix Makosso, a souligné que le travail présenté est une œuvre aboutie, et que la mention le prouve. «M. Ngoma a eu la mention très honorable avec les félicitations du jury. Il a présenté un travail de qualité. Mon appréciation s’apparente à la reconnaissance d’un père qui évalue ce que l’enfant a fait». a-t-il conclu.

(ACI/Berninie Dédé Massamba)